No 172 – série 2025-2026

Évangile du mardi 10 mars 2026 – 3ème Semaine de Carême

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère » (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Le pardon; un amour qui se donne à l’infini

Cet extrait de l’Évangile est plutôt difficile à saisir si on ne demande pas à l’Esprit de nous apporter son éclairage. Après plusieurs lectures et méditations, voilà quelques pistes de compréhension qui pourraient nous aider à approfondir un aspect du mystère se rapportant au pardon.

D’abord, se rappeler que l’on parle de l’amour dans tout ce qui relève de Dieu et le pardon est l’une de ses incarnations humaines les plus grandes. D’ailleurs, Jésus l’a enseigné et pratiqué à maintes reprises en présence de ses Apôtres et de ses disciples. L’acte d’accorder le pardon à un autre être humain est si grand qu’il requiert l’assistance du Père, de sa miséricorde, pour y parvenir. Il est donc primordial de se placer dans l’accueil du don de l’amour de Dieu pour parvenir à l’accorder.

Considérant ce qui précède, on comprend mieux tout le désarroi de Pierre, lorsque Jésus lui dit qu’il doit pardonner jusqu’à 70 fois sept fois, c’est-à-dire autant de fois qu’on nous le demande de bonne foi. Or, si nous nous limitons à accorder le pardon uniquement par nous-mêmes, cela devient presque impossible.

Le pardon est une perle rare que l’on porte en nous, un don venant du plus profond de notre cœur et qui se donne que dans la mesure où il est accueilli par l’esprit de celui qui le donne. Nous sommes donc invités à nous faire un cœur pur pour recevoir ce trésor si précieux pour soi et pour l’autre. En effet, plus nous l’accueillons dans la pure intention de le redonner, plus Dieu nous l’accorde, d’abord pour nos propres fautes et par la suite, il déborde pour toute autre personne qui nous le demande en toute sincérité.

Rapportons-nous à la parabole de Jésus lorsqu’Il compare le pardon au Royaume des cieux. On observe que le Seigneur accorde le pardon à son serviteur avec une attitude hors du commun. Il remet toute sa dette, sans rien demander en retour. Pour Jésus, le pardon est tout à fait gratuit. En effet, si l’on retient quelque chose, ou attendons quelque chose de l’autre en retour, ce n’est plus un don qui est accordé, mais plutôt une entente que l’on fait avec l’autre.

Prenons conscience que nous avons été nous aussi pardonnés par le Père à plusieurs reprises pour nos manquements, et que cela a produit en nous une libération, un allègement, une élévation, un retour dans la vie, et même de la joie. Dans ce contexte, il va de soi que nous sommes invités à offrir tout cela à toute personne qui nous demande de lui accorder le pardon.

On assiste alors à une expérience de cœur à cœur avec l’autre ayant comme médium l’amour de Dieu qui se donne. C’est par Lui avec Lui et en Lui que se réalise cet acte spirituel. Un amour qui s’accueille en toute gratuité pour être redonné de la même façon. Et plus nous le donnons, plus il nous est donné. Nous faisons alors une expérience de la bonté de Dieu pour toute l’humanité dont nous faisons partie.

Finalement, considérant tout ce que nous perdons lorsque nous retenons le pardon à l’autre, on comprend mieux la mise en garde de Jésus à la fin de la parabole où Il nous dit qu’Il nous retirera le pardon que nous avons déjà reçu si nous ne pardonnons pas à notre tour. En effet, il peut arriver qu’ayant reçu le pardon de Dieu, on retrouve une telle puissance de vie, qu’inconsciemment on oublie le don qui nous a été fait et notre mission de le retransmettre. Dans d’autres cas, comme le serviteur de la parabole, on n’accueille pas le pardon avec le cœur. Alors, on ne comprend pas ce qui nous arrive de si extraordinaire, et nous ne voyons pas l’intérêt à le redonner. C’est alors que le don se tarit en nous.

Le pardon ouvre à la relation à Dieu autant pour celui ou celle qui le donne que pour celui ou celle qui le reçoit. C’est une manière pour Dieu de rejoindre toute personne qui s’est perdue en coupant volontairement ou non sa relation au Divin.

Ainsi, comportons-nous avec justesse divine envers l’autre comme le Seigneur se comporte envers nous-mêmes. Pour nous aider, Dieu nous a envoyé son Fils incarné dans notre dimension humaine pour nous montrer que c’est possible d’y parvenir. N’hésitons pas à Lui demander de nous aider pour vivre et faire vivre à d’autres cette ouverture à l’amour de son Père.

Bonne continuation dans l’approfondissement du mystère du pardon.

Martial Brassard – martial_brassard@hotmail.com



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