No 219 – série 2025-2026
Évangile du dimanche 26 avril 2026 – 4ème Dimanche de Pâques
« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara :
« Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Méditation – Poussé au dehors… vers la Vie en abondance !
Au temps de Jésus, les bergers étaient nombreux et chacun avait son troupeau qui lui était propre. À cause des dangers de la nuit, les troupeaux étaient mis à l’abri dans des bergeries communes à plusieurs propriétaires. Les brebis étaient ainsi rassemblées sans distinction, il était important pour le berger de connaître ses brebis et d’en être reconnu pour que, le lendemain, il puisse repartir avec son troupeau afin de le conduire là où les brebis pourront trouver à se nourrir.
Dans cet enclos qui sert de protection, Jésus met en lumière que le moyen d’y entrer parle déjà de l’intention des personnes. Le voleur et le bandit ne passent pas par la porte, ils escaladent par un autre endroit. Quant au pasteur, le berger des brebis, il entre par la porte que le portier lui ouvre.
Que de situations où nous faisons l’expérience des stratégies utilisées par des personnes malveillantes pour nous tromper. Les arnaques à travers des courriels frauduleux, des téléphones où des personnes âgées se font extorquer de l’argent sous prétexte que l’un de leurs petits enfants est en situation difficile, des produits falsifiés, un producteur acéricole qui ajoute du sirop de maïs au sirop d’érable pour faire plus de profits, des étiquettes qui ne correspondent pas aux ingrédients dans les produits alimentaires, des ajouts de substances créant de la dépendance, des vols d’identité, des vols de données… À chaque fois, des stratégies de plus en plus sophistiquées pour exploiter les autres… L’intelligence artificielle est elle-même utilisée pour reproduire de fausses images et induire en erreur, contribuant à falsifier la vérité et à ajouter à la confusion d’un monde où la confiance est de plus en plus difficile. L’information est manipulée, la publicité, qui a plus d’un tour dans son sac pour nous séduire et nous amener à consommer, est affublée de promesses trompeuses ou même indécentes, comme ces véhicules utilitaires sports à la puissance démesurée explorent une nature exceptionnelle qu’ils vont eux-mêmes ravager !
Ajoutons aussi les personnes qui abusent des autres en se donnant un pouvoir sur elles, en voulant les contrôler ou les dominer; l’univers de la sorcellerie où les difficultés que vivent les personnes sont interprétées comme liées à des sorts que d’autres ont jeté sur elles; même la religion est instrumentalisée au service d’intérêts destructeurs.
Déguisés afin de mieux nous tromper et abuser de nous, les malfaiteurs entrent par effraction dans l’enclos, escaladant par un autre endroit au lieu de passer par la porte. Dans l’inconscience et l’ignorance où elles sont, les brebis sont plus faciles à pièger… N’ayant pas ouvert la porte à travers l’exercice de leur liberté consciente, elles ne mesurent pas le danger qui les menace.
À travers sa Parole, le Christ exprime bien l’infini respect de notre liberté : Il ne force pas la porte… C’est à nous de Lui ouvrir. Par sa Présence toute empreinte de respect, Il nous manifeste déjà l’Amour qu’Il nous porte. Il désire notre vie. Il ne s’impose pas, Il ne cherche pas à dominer ou à nous faire taire. Le Christ vient pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance.
Pour se faire, Il pousse les brebis au dehors. L’enclos n’est qu’un lieu de survie, bien différent de la Vie en abondance que le Christ désire pour elles… Entassées dans cet espace clôturé, les brebis ne mettent pas long à tondre toute l’herbe. Demeurer sur place, c’est être condamnées à mourir. Sans la Voix qui les connaît et les appelle, elles sont noyées dans l’anonymat où elles s’entassent… Leur vie se résume aux clôtures qui balisent l’enclos en se conformant aux convenances et aux balises inertes où elles ne font que tourner en rond. Ce n’est pas la vie que le berger désire pour nous !
En interpellant notre liberté à sortir du lieu où nous pouvons nous enfermer, Il nous invite à Le suivre…. Nous ne sommes pas sans repères… Sa Voix nous guide. La Voix du Christ est cette Voix dont nous n’avons rien à craindre, qui nous permet ainsi de nous ouvrir en toute confiance. Dans cette ouverture, se rend audible l’écho où nous découvrons ce qui est en connivence avec sa Voix. Par sa Croix, où son Amour est vainqueur du mal et de la mort, Il est cette porte où, en passant par Lui, nous sommes sauvés. En Lui, Il nous est donné d’entrer dans cette liberté où nous pouvons entrer et sortir pour trouver un pâturage.
Il nous invite à entrer dans l’expérience de nous laisser guider sur un chemin tout autre, un chemin caractérisé par l’écoute d’une Voix qui connaît notre coeur. Ce n’est pas une Voix qui nous donne un chemin tracé d’avance : dans l’accueil et le déploiement de la liberté qu’Il nous donne, Il nous invite à cette créativité de l’amour à travers laquelle prend chair ce don de nous-mêmes, qui prend source dans l’Élan de son Amour qui nous sauve.
Dans cette confiance que nous mettons en Lui, Il nous donne accès à notre cœur. Personne ne peut entrer dans l’intimité de quelqu’un en forçant la porte ou en escaladant par un autre endroit… C’est par l’ouverture de confiance que nous avons accès à notre propre mystère et au mystère de l’autre. Reconnaître sa Voix, c’est faire l’expérience qu’il y a quelque chose en nous qui est en connivence avec Dieu, quelque chose d’unique, d’aussi unique que notre voix, nos empreintes digitales, ou notre ADN…
En accueillant le Don qu’Il fait de sa vie par Amour pour nous, Il suscite en nous le don gratuit de notre vie à sa suite. La Vie en plénitude n’a rien de l’abondance convoitée par notre esprit de possession. Comme la source tient sa fraîcheur de l’accueil de ce qui la traverse pour n’en rien retenir et en faire don, sans vouloir posséder l’eau qui a besoin de son lit, la vie en plénitude se fait don de ce qui la traverse sans lui appartenir, et de ce qui ne pourrait être sans passer par elle.
Dans la révélation de ce que nous sommes pour Lui, surgit une vitalité qui nous envoie vers les autres. Animés par cette vie en abondance dont Il nous comble, nous entrons dans le don de nous-mêmes pour les autres.
Contrairement à la voix de tous ces prétendus messies à la remorque de leurs intérêts propres qui exploitent et dispersent, le Christ nous rejoint en prononçant notre nom pour nous faire entrer dans une relation unique avec Lui et les autres. Sa Voix porte le secret de notre mystère, de notre Mission et du sens de notre vie.
Cette Pâques qui est la sienne nous inscrit dans une Mission faite d’écoute, de révélation, d’engagement et de transformation.
Dans l’émerveillement de la mère devant son enfant, alors qu’elle ne se voit plus et qu’elle est délivrée de son regard sur elle-même, rayonne son visage de mère, sa vocation. Ce rayonnement ne tient pas à son miroir mais à l’enfant pour qui elle devient Don dans le Mystère de ce qui l’éblouit.
Nous avons vocation d’être sacrement de son Amour, devenant ainsi les uns pour les autres, passage du Don qu’Il nous fait et qu’Il veut être à travers nous !
L’abbé Paolo – maheux.paolo@gmail.com
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