No 252 – série 2025-2026
Évangile du vendredi 29 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire
« Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations. Ayez foi en Dieu » (Mc 11, 11-25)
Après son arrivée au milieu des acclamations de la foule,
Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple.
Il parcourut du regard toutes choses
et, comme c’était déjà le soir,
il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze.
Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie,
il eut faim.
Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles,
il alla voir s’il y trouverait quelque chose ;
mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles,
car ce n’était pas la saison des figues.
Alors il dit au figuier :
« Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! »
Et ses disciples avaient bien entendu.
Ils arrivèrent à Jérusalem.
Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulser
ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple.
Il renversa les comptoirs des changeurs
et les sièges des marchands de colombes,
et il ne laissait personne transporter quoi que ce soit
à travers le Temple.
Il enseignait, et il déclarait aux gens :
« L’Écriture ne dit-elle pas :
Ma maison sera appelée
maison de prière pour toutes les nations ?
Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Apprenant cela, les grands prêtres et les scribes
cherchaient comment le faire périr.
En effet, ils avaient peur de lui,
car toute la foule était frappée par son enseignement.
Et quand le soir tomba,
Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville.
Le lendemain matin, en passant,
ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines.
Pierre, se rappelant ce qui s’était passé,
dit à Jésus :
« Rabbi, regarde :
le figuier que tu as maudit est desséché. »
Alors Jésus, prenant la parole, leur dit :
« Ayez foi en Dieu.
Amen, je vous le dis :
quiconque dira à cette montagne :
“Enlève-toi de là,
et va te jeter dans la mer”,
s’il ne doute pas dans son cœur,
mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera,
cela lui sera accordé !
C’est pourquoi, je vous le dis :
tout ce que vous demandez dans la prière,
croyez que vous l’avez obtenu,
et cela vous sera accordé.
Et quand vous vous tenez en prière,
si vous avez quelque chose contre quelqu’un,
pardonnez,
afin que votre Père qui est aux cieux
vous pardonne aussi vos fautes. »
Méditation – Un regard qui discerne
Dans cette péricope, notre attention est appelée sur le regard que Jésus porte à ce qui l’entoure. Dans un premier temps, il entre à Jérusalem dans le temple, et l’évangéliste note : « il parcourut du regard toute chose ». Ce regard qui observe et enregistre est suivi d’une prise de distance : « comme c’était déjà le soir, il sortit pour aller à Béthanie ». Ce retrait, alors que la lumière décline, invite à la pause, à la réflexion intérieure.
Prendre du recul face à ce que l’on perçoit est indispensable pour ne pas agir impulsivement, pour ne pas se laisser dominer par une émotion passagère ou un jugement hâtif. C’est un acte de sagesse spirituelle qui ouvre la voie à un discernement conscient.
Le fruit de cette observation et de cette prise de distance se constate dès le lendemain : lorsque Jésus revient dans le temple, il entre en action en chassant les vendeurs, ainsi que leurs clients.
Trois temps donc : un pour voir, un pour discerner, et un temps pour agir.
Vient s’entremêler dans cette séquence une scène autour d’un figuier qui, elle aussi, se déroule en trois temps : un premier passage de Jésus et de ses apôtres, avec le besoin de se rassasier, et la déception de ne pas trouver de fruits sur un figuier prometteur. L’apparence était trompeuse. Cette fois, dans un deuxième temps, le jugement est immédiat : une condamnation qui peut sembler peu justifiée, car la saison de la récolte n’est pas encore venue. Le résultat de la parole de condamnation ne sera visible qu’au retour du Temple : les disciples, qui avaient bien entendu, constatent que le figuier est totalement desséché. Voir, juger, agir : le processus est le même que dans ce qui s’est vécu au temple.
L’élément qui fait le lien entre ces deux anecdotes est explicité par Jésus lui-même : son enseignement sur la prière. Elle aurait dû être la seule activité pratiquée au Temple, où tout commerce est inacceptable, d’où la colère de Jésus. Quant à l’efficacité de la prière, elle est mise en lumière par l’épisode du figuier : ce n’est pas l’apparence qui compte, mais la foi. Une seule parole prononcée avec foi, lui a ôté toute vie, les disciples en sont les témoins étonnés.
Cette efficacité de la prière sous-entend cependant une condition soulignée par Jésus : la prière étant le lieu de la prise de conscience de nos manques dans les relations fraternelles, sans la restauration de celles-ci par le pardon, nous ne pouvons être en relation juste avec le Père.
Nulle force magique dans la prière, et je n’ai pas à me culpabiliser lorsqu’elle n’est pas exaucée. C’est alors une invitation qui m’est faite à m’accorder au cœur de Dieu comme un instrument s’accorde avec le reste de l’orchestre pour que la note qu’il va jouer trouve sa vraie beauté.
Pour cela, Seigneur, viens développer mon regard pour voir avec lucidité, pour que je prenne du recul lorsque c’est nécessaire, et pour que j’agisse avec justice et amour.
Soeur Marie-Emmanuel Raffenel – raffenel@gmail.com
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