No 222 – série 2025-2026
Évangile du mercredi 29 avril 2026 – 4ème Semaine du Temps Pascal
« Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde » (Jn 12, 44-50)
En ce temps-là,
Jésus s’écria :
« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit,
mais en Celui qui m’a envoyé ;
et celui qui me voit
voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde
pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle,
moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde,
mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles
aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée :
c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé :
le Père lui-même, qui m’a envoyé,
m’a donné son commandement
sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle.
Donc, ce que je déclare,
je le déclare comme le Père me l’a dit. »
Méditation – Se nourrir de lumière
La lumière ne se montre pas elle-même, mais valorise ce qu’elle éclaire. Voyageant depuis sa source, la lumière se répand sur les objets auxquels elle permet d’exister sous notre regard. Jésus est « la lumière », venue d’ailleurs pour que, dans notre monde, soit apportée la « vie éternelle » du Père : « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. »
Dans l’urgence de vivre, l’ignorant se jette sur les choses. Il s’empare du monde avec avidité en oubliant de célébrer la lumière qui le rend sensible. Seul un œil qui apprend à voir honore la lumière. Car, la foi éduque l’œil : l’âme qui croit voit la lumière du Christ et honore ainsi le Père qui l’envoie : « celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé. »
Comme les plantes qui se nourrissent de lumière, notre monde a besoin de la lumière de Dieu pour exister. Le monde a besoin de lumière pour se tenir et pour ne pas tomber en ruine. Celui qui écoute les Paroles du Christ accueille la lumière qui sauve.
Au contraire, laisser tomber les mots du Christ comme des pierres au fond de notre égoïsme est déjà un jugement : « Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. » Au dernier jour, la lumière se dressera et elle dira le ravage des ténèbres.
Un enfant qui ne reçoit pas la lumière d’un regard aimant ne grandit pas. Un pays qui ne se nourrit pas de justice périclite. Une science qui se gave de puissance s’enfle d’orgueil et perd la raison. Sans la lumière, pouvoir et argent s’alourdissent comme des corps morts.… Sans l’amour, la communication s’effondre comme une dépouille rejetée.
Les choses ne se tiennent pas debout, dans le réel devant nous, en vertu de leur propre force. Le monde ne tire pas sa consistance d’une puissance autonome, ni d’un ordre propre. Pour tenir debout, le monde a besoin d’un amour. Car, les choses ne doivent leur âme qu’à l’amour qui les emploie. Le souffle de l’amour gonfle de sève les choses qui se dressent devant nous dans leur animation vivante. Mais, désertées de l’amour, les choses s’effritent et tombent en poussière. Oubliées de l’amour, les choses usuelles ne sont plus que des enveloppes vides. Sans amour, le repas de fête n’est rien : les échanges sont des règlements de compte, les tables aux nappes blanches ne sont que des tréteaux ou des échafauds, les bouches ne sont que des dents qui claquent et les viandes finement cuisinées ne sont qu’une suite de cadavres. Que l’amour se ternisse et c’est tout le réel qui s’éteint ! Tous les signes vivants qui donnent à l’existence son bon droit et sa vie se dessèchent : le sourire sur la face des enfants se fige ; l’éclat dans l’oeil des amoureux impatients qui songent à leur avenir se ternit. Sans la lumière de l’amour qui justifie, tout tombe en pulvérulence (1).
Combien de fois éteignons-nous la lumière en la couvrant de nos soucis ? À force de nous gaver de nos propres lueurs, nous négligeons la Parole lumineuse. Nous dialoguons avec nos inquiétudes. « Nous cherchons Dieu… Nous voudrions l’interroger sur mille choses… Nous l’accablons de problèmes… et nous oublions que dans sa Parole il a résolu pour nous toute question, il a dispensé toute la lumière que nous sommes capables de saisir en cette vie. Nous n’écoutons pas du côté où Dieu nous parle : là où la Parole de Dieu a retenti dans le monde d’une manière si unique et si définitive que cela suffit pour tous les temps et que tous à la fois ne l’épuiseront pas » (2)
La lumière se fait nourriture lorsque, traversant nos réalités, elle transfigure sans brutaliser ; sans forcer, elle éclaire de l’intérieur. La Sagesse, cette lumière du Christ, vivifie le créé : « La Sagesse se meut d’un mouvement qui surpasse tous les autres ; elle traverse et pénètre toute chose à cause de sa pureté. » (Sagesse, 7,24)
Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr
Notes :
- Pulvérulence = état de ce qui tombe en poussière.
- Von Balthasar, La prière contemplative, (p.12).
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