No 215 – série 2025-2026

Évangile du mercredi 22 avril 2026 – 3ème Semaine du Temps Pascal

« Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle » (Jn 6, 35-40)

En ce temps-là,
Jésus disait aux foules :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
Mais je vous l’ai déjà dit :
vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.
Tous ceux que me donne le Père
viendront jusqu’à moi ;
et celui qui vient à moi,
je ne vais pas le jeter dehors.
Car je suis descendu du ciel
pour faire non pas ma volonté,
mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.
Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé :
que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés,
mais que je les ressuscite au dernier jour.
Telle est la volonté de mon Père :
que celui qui voit le Fils et croit en lui
ait la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Méditation – Notre âme a faim de Toi

Nos corps sont secoués par la faim et par la soif. Jamais clos sur nous-mêmes, nos besoins nous ouvrent sur le vaste monde. Au début du chapitre 6, Jésus a nourri une foule par une multiplication des pains. Charmée par une nourriture si facile, la foule voulait mettre la main sur ce pourvoyeur de pains : « Alors Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul » (Jn 6,15). Ne reprochant pas à la foule de vouloir manger, Jésus indique qu’il existe une autre nourriture : « Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle » (v.27). 

L’estomac a faim, c’est une certitude corporelle. Il existe une autre faim : notre âme a faim. C’est une évidence. Mais, ces deux faims ont une différence notable : la faim du corps et la faim de l’âme n’ont pas le même rapport à la vérité. Mentir à un enfant, en lui disant que sa faim n’est qu’une illusion, n’empêche pas cet enfant de crier ! Mais, beaucoup mentent en disant à l’âme qui aspire au vrai, que la vérité n’existe pas !

L’âme qui a faim crie après une nourriture. Elle demande la vie qu’elle ne peut produire par elle-même ! Dans notre monde, nous sentons que ce qui se présente à nous comme « bien » est limité, partiel et s’épuise très vite. Ici-bas, qu’est-ce qui est absolument « bon » ? Dieu seul est « bon » (Lc 18,19) rappelait Jésus. Où trouver une nourriture qui remplisse notre âme ? Notre monde ne produit pas la justice, le bien, la beauté, l’amour qui sont pour notre âme un besoin aussi vital que le pain pour l’estomac. Si le corps meurt de ne pas manger, notre âme également peut mourir de faim. Elle se dessèche, s’étiole tristement, se couvre d’angoisse. Sans nourriture, des pustules de désespoir percent notre âme.     

Face à la faim de l’âme, beaucoup mentent en disant que la nourriture n’existe pas. « C’est trop beau pour être vrai ! » Nous connaissons ce slogan qui sert à ridiculiser la religion. Ce slogan anéantit les élans du cœur et nous convainc que notre faim spirituelle n’est qu’une illusion. Or, la réalité de notre faim spirituelle est une certitude. « Le danger n’est pas que l’âme doute s’il y a ou non du pain, mais qu’elle se persuade par un mensonge qu’elle n’a pas faim. Elle ne peut se le persuader que par un mensonge, car la réalité de sa faim n’est pas une croyance, c’est une certitude. » (1)

Le mensonge n’a aucune force sur la faim corporelle. Mais, le mensonge, le divertissement, la négligence et l’auto-justification sont des armes puissantes contre la faim de l’âme. Nous pouvons nous mentir en prétendant que le monde étanche notre faim. Nous pouvons nous étourdir en prétendant que le divertissement suffit à donner un sens à l’existence. Nous pouvons même finir par croire que le malheur est une nourriture raffinée. « Depuis que l’homme a perdu le vrai bien, tout également peut lui paraître tel, jusqu’à sa destruction propre » (2)

Jésus vient nous nourrir de Sa Parole : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (v.35) Oui, la Parole de Jésus est une nourriture et Sa Présence est une boisson. Dans l’obscurité de notre monde, un homme gavé de mensonges ne peut par ses seules forces produire la vérité qui éclaire. Nul ne peut faire un pas vers le vrai bien par lui-même. « Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. » (v.37) Seul le Père imprime dans notre âme une force secrète par laquelle Il nous attire à Lui. Alors, une âme se sent mystérieusement charmée par les Paroles du Christ.

« Car je suis descendu du ciel » (v.38) Ce pain venu du ciel nous fait naître à une vie plus vaste : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle » (v.40) Dans la petite tente de notre poitrine, un battement se fait alors entendre… Dans le silence, une Parole murmure :

« Ce cœur, il bat pour nous dans la petite tente
Où il demeure caché si mystérieusement
Dans l’hostie de blancheur pétrie de fin silence » (3)

Le Verbe nous a rejoint par une trouvaille de génie : « Il a inventé la merveille de son eucharistie : il est en toi et tu es en lui. Une noce éternelle entre toi et lui, auprès de laquelle l’union de l’homme et de la femme n’est qu’une pauvre et courte ébauche. Sous ce voile du pain et du vin, il veut habiter parmi nous d’une manière vivante pour prendre part aux joies et aux souffrances des hommes. » (4)

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr

Notes :

  • Simone Weil, Attente de Dieu.
  • Blaise PASCAL, Pensée B 425.
  • Poésie d’Edith STEIN, Sainte Thérèse Bénédicte de la croix.
  • Hans Urs Von BALTHASAR, Le cœur du monde, (p.136).



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