No 39 – série 2026-2027

Évangile du jeudi 15 octobre 2026 – 28ème Semaine du Temps Ordinaire

« Cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie » (Lc 11, 47-54)

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Quel malheur pour vous,
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes,
alors que vos pères les ont tués.
    Ainsi vous témoignez
que vous approuvez les actes de vos pères,
puisque eux-mêmes ont tué les prophètes,
et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
    C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit :
Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ;
parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
    Ainsi cette génération devra rendre compte
du sang de tous les prophètes
qui a été versé depuis la fondation du monde,
    depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie,
qui a péri entre l’autel et le sanctuaire.
Oui, je vous le déclare :
on en demandera compte à cette génération.
    Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi,
parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ;
vous-mêmes n’êtes pas entrés,
et ceux qui voulaient entrer,
vous les en avez empêchés. »
    Quand Jésus fut sorti de la maison,
les scribes et les pharisiens
commencèrent à s’acharner contre lui
et à le harceler de questions ;
    ils lui tendaient des pièges pour traquer
la moindre de ses paroles.

Méditation – « Un sang plus éloquent que celui d’Abel » (Hb 12,24)

Au chapitre 10 de Saint Luc, Notre Seigneur Se réjouissait de l’envoi des 72 disciples qui chassaient les démons. « Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Lc 10,18). Qui est Satan ? On connait la réponse du catéchisme : Satan est cet ange qui, par orgueil, se rebella contre Dieu. Notre époque a besoin d’une réponse plus expliquée. De quoi, Satan est-il le nom ? Satan est le refus de Dieu. Il est l’élan lumineux rejeté… Et de notre côté, quelle réponse apportons-nous à cette possibilité de rencontrer Dieu ? Combien de fois n’inversons-nous pas la prière de Saint François ? Le Pauvre d’Assise priait ainsi :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon. »

Mais, combien de fois ne sentons-nous pas…
de l’envie… là où la joie devrait se répandre,
de la jalousie… là où la fraternité serait requise et
de la haine… dans les espaces voués au culte ? 

Au chapitre 11 que nous lisons, Jésus hurle de douleur. Une lamentation déchirante monte, elle est adressée aux plus fervents de ceux qui scrutent les Écritures : « Quel malheur pour vous ! » Ceux qui apprennent le mieux la Loi et les Prophètes ne vivent pas le bonheur de cette Parole ! Jésus dénonce la mort que provoque l’hypocrisie en matière de religion. Comment la Parole gorgée de Vie est-elle devenue une plante sèche et sans saveur ?

Avec Jésus, le Ciel est dégagé et Satan tombe comme un éclair dont la lumière se perd dans la nuit… Les Fils et les Filles de Dieu devraient se réjouir du salut et se réveiller. Car, enfin, le Ciel est libéré ! Et pourtant, les spécialistes des Écritures passent à côté de la Parole faite chair. Comment les Fils et les Filles du Père peuvent-ils perdre la Vie comme des momies enfermées dans leur sarcophage ? Nous aussi, aujourd’hui, collectivement comme les Pharisiens, nous construisons des « tombeaux » qui enferment les prophètes tués.

Connaître dans le langage de la Bible, c’est le bonheur de vivre, c’est se relier à la joie, c’est s’unir à la pulpe de ce qui fait vivre. Or, Jésus le déclare : « vous avez enlevé la clé de la connaissance. » Est-il donc possible de mourir près de la Source qui reste, devant notre soif, scellée comme une tombe ? Oui, c’est possible. Aberrant, mais possible. On comprend mieux le redoublement de la plainte de Jésus : « Quel malheur pour vous ! » Car, la clé est perdue.

Jésus parle librement de la liberté qu’il faut pour se reconnaître fragile, blessé et vulnérable. Le Libérateur parle de l’immense liberté qu’il faut pour se voir comme un pauvre et comme un pécheur devant soi-même, devant les autres et devant Dieu.

D’abord, on se cache pour se protéger en se disant que les autres utiliserons nos défaillances pour nous nuire. Puis, nous nous cachons pour contrôler en disant que si je ne maîtrise pas tout, les choses ne tourneront pas bien pour moi. Enfin, à force de tordre la vérité dans tous les sens, mon sens du vrai se casse : Twist… Krak ! Indifférent à mes quarts de mensonges, je finis par croire à mes demis-vérités. Ma conscience se détourne et je finis par habiter mon tombeau.

Jésus, le Prince de la Vie, ne veut pas que notre vie s’épuise dans la mort. C’est pourquoi, Son cri est si violent… si âpre… si douloureux…

« Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. » Abel et Zacharie sont deux figures de la Bible Hébraïque : une au début dans la Genèse et l’autre à la fin. Leur histoire, liée au culte et à la fraternité, se solde par la violence. Caïn tue son frère (Gn 4). Envoyé par Dieu, le prophète Zacharie est tué, sur le parvis du Temple, par ses coreligionnaires qu’il appelait à la conversion (2Ch 24,21). Jésus voit donc l’histoire du refus du salut comme un arc qui part d’Abel le Juste et traverse le ciel jusqu’à Zacharie. Le ciel saigne universellement. Mais, le Christ est cette Parole qui « parle plus fort » que nos péchés.

Venons à la Parole de chair. Revenons à la Parole de Vie.

Entendons cette Parole éloquente lorsqu’elle nous dit que nos manquements sont des cris à écouter, que nos péchés n’ont jamais le dernier mot. « Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière ! » (Psaume 4,2)

Car, une fois que notre péché aura dit nos égarements et nos illusions… il y aura encore de la place dans l’Amour de Dieu pour cette Parole plus éloquente que le sang d’Abel.  « Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel. » (Hb 12,24).

Une fois que nous aurons craché notre grimace, notre visage aura encore cette humanité redonnée pour le Face-à-Face. « Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! » (Psaume 4,7).

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr

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Lefebvre
Pays : Canada — 14/10/2026

Pour jeune femme 45 ans monoparenqui vient d’avoir une chirurgie pour cancer du sein.. pour les traitements de radiations et chimiothérapie à venir.


Kizlik françoise
Pays : France — 14/10/2026

Pour que nos jeunes trouvent dans ce monde un vrai sens à leur vie,se libèrent de la violence ,de la consommation effrénée,de l\'angoisse de l\'avenir


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Pays : France — 14/10/2026

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