No 13 – série 2026-2027
Évangile du samedi 19 septembre 2026 – 24ème Semaine du Temps Ordinaire
« Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui retiennent la Parole et portent du fruit par leur persévérance » (Lc 8, 4-15)
En ce temps-là,
comme une grande foule se rassemblait,
et que de chaque ville on venait vers Jésus,
il dit dans une parabole :
« Le semeur sortit pour semer la semence,
et comme il semait, il en tomba au bord du chemin.
Les passants la piétinèrent,
et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres,
elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces,
et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre,
elle poussa et elle donna du fruit au centuple. »
Disant cela, il éleva la voix :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole.
Il leur déclara :
« À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu,
mais les autres n’ont que les paraboles.
Ainsi, comme il est écrit :
Ils regardent sans regarder,
ils entendent sans comprendre.
Voici ce que signifie la parabole.
La semence, c’est la parole de Dieu.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin :
ceux-là ont entendu ;
puis le diable survient
et il enlève de leur cœur la Parole,
pour les empêcher de croire et d’être sauvés.
Il y a ceux qui sont dans les pierres :
lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ;
mais ils n’ont pas de racines,
ils croient pour un moment
et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces,
ce sont les gens qui ont entendu,
mais qui sont étouffés, chemin faisant,
par les soucis, la richesse
et les plaisirs de la vie,
et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre,
ce sont les gens qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent
et portent du fruit par leur persévérance. »
Méditation – La bonne terre
Faisons ensemble un chemin à travers les différents terrains où sont tombées les graines du semeur, jusqu’à parvenir à la bonne terre.
Commençons par le bord du chemin.
La Parole est là. Je la lis dans l’Évangile, je l’entends à la messe, dans une homélie, dans une parole qui me rejoint. Je peux même avoir sur mon téléphone ou ma tablette, des dizaines de textes spirituels, des prières, des paroles de Jésus… que j’écoute ou que je lis. Mais le plus souvent, dès que je termine ma lecture ou mon écoute, je suis déjà passé à autre chose.
J’ai entendu, mais je n’ai pas ouvert la porte.
La Parole était là, mais elle n’est pas entrée dans ma vie. A moi maintenant de me questionner : Est-ce que j’écoute vraiment la Parole de Dieu, ou est-ce que je me contente d’accumuler des paroles sur Lui?
Continuons notre chemin. Voici la terre pierreuse.
Ici, la Parole me touche. Je suis profondément ému, je prends une décision : « Seigneur, cette fois, je vais changer! » Et je suis sincère. Mais quelques jours, quelques semaines passent… et la vie reprend son cours. Vient une difficulté, une épreuve, une déception… et tout s’effondre. Pourquoi? Parce que j’ai été touché, mais je ne me suis pas enraciné.
Il y a une grande différence entre être ému par le Christ et prendre racine dans le Christ.
L’émotion est belle, mais ne suffit pas. Ce sont les épreuves de la vie qui révèlent si la Parole a vraiment pris racine en moi.
Avançons encore… voici les épines.
Et celles-ci sont peut-être les plus difficiles à reconnaître, parce qu’elles ne sont pas forcément mauvaises. Il y a mon travail, mes responsabilités, ma famille, mes projets, mes soucis, mes obligations, mon désir de bien faire. Tout cela peut être bon. Mais à force de remplir ma vie de tant de choses, aussi bonnes soient-elles, je ne laisse plus de place à Dieu. Je ne lui dis pas « non ». Je lui dis simplement : « Oui, Seigneur… mais attend… pas maintenant…après tout le reste… »
Et peu à peu, Dieu devient une chose parmi toutes les autres. Ma vie est pleine, mais mon cœur n’a plus d’espace.
Ce qui étouffe la Parole de Dieu n’est pas toujours le mal. Parfois, ce sont de bonnes choses mais en excès, un débordement de bonnes choses qui, comme les épines, prennent tout l’espace.
Je peux faire beaucoup de bien et pourtant me perdre moi-même. Je peux donner beaucoup, servir beaucoup, être disponible pour tout le monde… et ne plus avoir de temps pour revenir à Celui qui est la Source.
Car je ne suis pas la source. Je suis la branche. Je suis le canal. Je suis celui ou celle qui reçoit et qui transmet. Mais si je ne retourne jamais à la Source, je finis par me vider.
Alors arrivons maintenant à la bonne terre.
La bonne terre n’est pas une terre parfaite. Ce n’est pas une personne qui n’a plus peur, qui n’a plus de problèmes, qui ne connaît plus les inquiétudes ou les épreuves. La bonne terre aussi connaît la peur. Mais elle possède quelque chose de plus fort que sa peur : une Parole à laquelle elle peut revenir : « Ne crains pas. »
Elle entend cette Parole. Elle la garde. Elle y pense. Elle s’y accroche. Elle recommence lorsqu’elle tombe. Et même lorsqu’elle a encore peur, elle se souvient : « Le Seigneur m’a dit : « Ne crains pas. » C’est cela, s’enraciner.
La bonne terre n’est donc pas la personne qui entend le plus, mais celle qui laisse la Parole grandir en elle. Ce n’est pas celle qui possède le plus de connaissances, le plus de pratiques spirituelles ou le plus de paroles religieuses, de prières. C’est celle qui prend parfois une seule Parole, la garde dans son cœur, la transforme en décision et commence à la vivre.
Une petite graine peut devenir un grand arbre. Une petite Parole peut changer une vie.
Peut-être que Dieu ne me demande pas aujourd’hui de changer toute ma vie. Peut-être me demande-t-il simplement de prendre une Parole et de La laisser descendre profondément en moi.
« Ne crains pas »
« Pardonne »
« Aime »
« Fais-moi confiance »
« Je suis avec toi. »
Une seule Parole… mais vécue.
Alors, Seigneur, travaille ma terre, où peuvent encore se trouver tous ces terrains.
Ramène-moi quand je dévie vers le bord du chemin. Enlève les pierres de mon cœur. Arrache les épines qui prennent toute la place. Apprends-moi à ne pas seulement T’écouter, mais à Te laisser entrer.
Donne-moi la grâce de garder Ta Parole lorsque l’émotion disparaît, lorsque les difficultés arrivent, lorsque la peur revient.
Et surtout, Seigneur, rappelle-moi que je n’ai pas à fabriquer le fruit par mes propres forces.
Je dois simplement demeurer attaché à Toi, qui es la Source. Moi, je suis la terre.
Et si je Te laisse travailler en moi, la petite graine que Tu déposes aujourd’hui pourra, avec le temps et la persévérance, devenir un arbre qui porte du fruit.
Qu’une seule de Tes paroles, reçue aujourd’hui, puisse devenir en moi une décision, un changement, une vie nouvelle.
Gladys EL Helou – gladyshelou@gmail.com
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