No 245 – série 2025-2026

Évangile du vendredi 22 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal

« Sois le berger de mes agneaux. Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21, 15-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade.
Quand ils eurent mangé,
Jésus dit à Simon-Pierre :
« Simon, fils de Jean,
m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »
Pierre fut peiné
parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :
« M’aimes-tu ? »
Il lui répond :
« Seigneur, toi, tu sais tout :
tu sais bien que je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis :
quand tu étais jeune,
tu mettais ta ceinture toi-même
pour aller là où tu voulais ;
quand tu seras vieux,
tu étendras les mains,
et c’est un autre qui te mettra ta ceinture,
pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort
Pierre rendrait gloire à Dieu.
Sur ces mots, il lui dit :
« Suis-moi. »

Méditation – Mission enracinée dans l’amour

Sur la base des versets de l’Évangile de Jean, nous présumons que Jésus connaissait ce qui se trouvait dans le cœur de Pierre, donc il n’avait pas besoin de le lui demander (cf. Jn 2,25). Pourquoi lui demande-t-il alors si Pierre l’aime vraiment ?

N’est-ce pas pour donner l’occasion à Pierre de prendre conscience de ce qui se passe en lui-même, de ce qu’il ressent au fond de son cœur, de se positionner ? Les événements de Pâques l’ont probablement beaucoup troublé en ce qui concerne son identité et sa capacité de rester fidèle. Avant la Passion, Pierre avait assuré le Christ de vouloir donner sa vie pour Lui, mais avant que le coq chante, il a renié son Maître à trois reprises (cf. Jn 13, 37-38). Il est fort probable que Pierre a sincèrement cru à sa déclaration. Toutefois, on peut se poser la question suivante : d’où provenait une telle conviction ? N’était-ce pas une image plutôt flatteuse de lui-même ou une douce illusion sur son propre héroïsme possible ? Les circonstances ont dénudé sa peur qui a complètement paralysé sa bonne intention de se consacrer pour le Christ.

« Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Lc 22,61-62).

Pierre a tout compris d’un seul regard du Christ. Être capable de pleurer après avoir regardé dans les yeux de la Vérité, c’est une grâce. Les larmes purifient le cœur et rendent la vue intérieure plus limpide.

Après la résurrection, lorsque le Christ rencontre les disciples, il s’adresse à Pierre, j’imagine, en le regardant dans les yeux. C’est le regard qui le redresse. Trois questions. Trois réponses. Certainement, elles n’effacent pas le passé. Mais, dans ce comportement de Jésus envers Pierre, nous pouvons saisir la pédagogie divine qui restaure l’identité blessée de l’être humain.

À l’opposé de l’expérience douloureuse du reniement, le Christ veut proposer une nouvelle expérience de réponse par l’amour. Sur la plaie de la triple blessure, il veut appliquer le triple remède de l’amour : « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rom 5, 20).

Il arrive parfois que la Providence nous place dans des situations qui exposent nos points faibles. Cette expérience nous est nécessaire non pas pour nous faire honte ou nous rabaisser, mais pour que nous nous redressions et vivions dans la vérité. C’est indispensable pour réaliser la mission que Dieu envisage de nous confier.

La mission que Jésus confie à Pierre est maintenant fondée sur l’amour. L’enracinement dans cet amour aidera Pierre à surmonter les divers défis et difficultés qui surgiront lors de la diffusion de l’Évangile. De plus, ancrée dans l’amour du Christ, il sera capable de vraiment donner sa vie pour Lui. Comme le dit l’Évangile, son don de vie rendra gloire à Dieu. La mission enracinée dans l’amour ne peut être que féconde.

Aujourd’hui, quand je lis ces paroles du Christ, comment je réponds à sa question qu’il m’adresse : « M’aimes-tu vraiment ? » Ensuite, quand j’entends « Suis-moi », quel appel s’éveille-t-il dans mon cœur ?

Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org



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