No 231 – série 2025-2026
Évangile du vendredi 8 mai 2026 – 5ème Semaine du Temps Pascal
« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 15, 12-17)
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »
Méditation – Les critères de l’amour véritable
Il y a dans l’être humain un désir profond aimer et d’être aimé. Toutefois, le mot «aimer» est très souvent utilisé dans des situations où il n’a rien à voir avec l’amour. Il camoufle parfois l’approche utilitariste, dans laquelle l’autre personne devient simplement un moyen pour atteindre un but. Le but peut être le plaisir, la jouissance, la recherche du sens de sa propre vie, l’évasion de la solitude, le désir de fuir de ses propres blessures d’enfance… Nous ne regardons pas tant l’autre personne qu’à travers notre propre besoin, de notre propre espoir, de notre propre peur de la solitude, de notre propre faim d’enfant pour que quelqu’un vienne enfin et explique que tout cela n’est pas en vain.
Dans cette approche, l’accent sera toujours mis sur nous-même, sur nos propres objectifs et lorsque l’autre ne nous satisfait plus, il va être changé pour un autre moyen. Il arrive la rupture qui cause tant de souffrance. «L’amour est passé, – disent les uns. – Cette personne n’était pas faite pour moi, il faut trouver une autre personne qui me comprendra mieux, qui satisfera tous mes besoins… » « L’amour vrai n’existe pas » – disent les autres, épuisés par des recherches constantes qui se terminent par un échec.
Ça prend l’humilité pour admettre que ce que nous appelions amour était parfois juste un transfert subtilement organisé de quelque chose de nous-mêmes sur le visage de l’autre. Nous n’aimons pas seulement la personne. Nous aimons très souvent cet état dans lequel elle nous plonge. Nous n’aimons pas elle-même, mais la lumière qui s’est soudainement allumée près d’elle ; nous aimons notre étrange reviviscence en sa présence… Combien de fois notre amour cache des attentes pour que les personnes correspondent aux rôles que nous leur avons si soigneusement dessinés. Nous appelons cela la vision de l’autre, bien que souvent ce ne soit qu’une forme raffinée de contempler soi-même à la lumière de l’autre.
Nous entrons dans les relations souvent aveuglés à ce que nous sommes vraiment. L’autre personne représente également un mystère pour nous. Dans cet art d’aimer si sublime et délicat nous avons besoin d’être éclairés et guidés par quelqu’un qui sait aimer vraiment.
Dans son commandement, le Christ dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Voici le critère juste d’amour : « Comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Pour donner sa vie pour quelqu’un, il faut voir en lui un trésor caché, sa valeur précieuse. Il faut voir l’autre dans la vérité révélée par Dieu, tel qu’il est dans les yeux de Dieu : l’être pour lequel «Il n’a pas épargné son propre Fils» (Rom 8, 32).
Aimer, c’est se donner en toute liberté. D’ailleurs le don de la liberté nous est donné pour que nous puissions aimer. Dans ce don, il y a l’abandon de soi-même à l’autre et en même temps l’accueil du don de l’autre. Quand ce don est mutuel, il devient fécond pour les deux et se répand sur les autres. Une telle fécondité est également un signe de véritable amour. Ainsi le Christ est « la synthèse vivante et personnelle de la liberté parfaite dans l’obéissance totale à la volonté de Dieu. Son corps crucifié est la pleine révélation du lien indissoluble entre la liberté et la vérité, de même que sa résurrection des morts est la suprême exaltation de la fécondité et de la force salvifique d’une liberté vécue dans la vérité » (1).
Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org
- Jean Paul II, Lettre encyclique Veritatis splendor, n. 87.
Événements en vedette
DROIT D’AUTEUR
La méditation peut être partagée à toutes et à tous, en tout ou en partie, mais le nom de l’auteur et l’indication du centre le Pèlerin avec l’adresse du site (www.lepelerin.org) doivent être inscrits, car les droits d’auteur demeurent. Merci de votre compréhension.
