No 217 – série 2025-2026
Évangile du vendredi 24 avril 2026 – 3ème Semaine du Temps Pascal
« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 52-59)
En ce temps-là,
les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain
vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit
alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.
Méditation – Une grâce immense à portée de main
Je médite cette parole assise sur la terre en admirant la beauté du paysage dans un coin de l’Estrie. Éblouie par le soleil printanier, embrassée par cette chaleur tellement désirée après un long hiver québécois, je réalise que c’est vraiment un moment de grâce. Mon cœur est dans la louange pour le Créateur, la source de toute vie. La beauté de la nature sert de moyen pour me lier au Créateur. L’univers est sacramentel. « Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur » (Sg 13,5).
Je réalise que moi-même, l’être incarné, je profite de tous ces dons de la création pour être en vie. Pour vivre, j’ai besoin du soleil, de l’air, de l’eau, de la nourriture produite par notre terre… Grâce à tous ces éléments, je suis reliée à la vie et je la communie. Quelle grâce de vivre ! Quelle grâce de goûter la vie !
L’évangile d’aujourd’hui nous parle d’un don encore plus grand qui nous fait vivre à un autre niveau – niveau spirituel. Le Fils de Dieu lui-même devient pour nous la nourriture pour la vie éternelle ! Lui qui vient du Père, qui nous le révèle, devient celui qui nous unit directement à Lui.
Le Christ parle de son corps, qui est la vraie nourriture, et de son sang, qui est la vraie boisson pour la vie éternelle. Le corps et le sang représentent tout son être et toute sa vie donnée pour nous. Autrement dit, il nous offre la vie reçue du Père. De plus, il nous donne cette nourriture éternelle sous une forme parfaitement adaptée à notre existence matérielle – sous forme de pain et de vin, comme Dieu éternel s’est manifesté à l’humanité sous une forme complètement adaptée à notre condition humaine – sous forme d’un homme, Jésus-Christ. Tout est fait par Dieu pour qu’on l’accepte, pour qu’on s’unisse à Lui, physiquement et spirituellement. Le Corps Divin est une nourriture complète pour nous.
Quand Jésus parle pour la première fois de cette nourriture, ses auditeurs restent stupéfaits et désorientés. Leurs réactions obligent le Christ à souligner la vérité objective de ses paroles: « Amen, amen, je vous le dis: si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 53). Il ne s’agit pas d’un aliment au sens métaphorique: « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 55)[1].
Accueillir son don, son sacrifice, son corps et son sang, c’est laisser la vie du Christ nous remplir et circuler en nous. Par L’Eucharistie qui est un vrai banquet, dans lequel le Christ s’offre en nourriture, Il vit en nous et nous vivons en Lui. Par Lui nous rentrons en communion avec le Père en Esprit Saint. Même si ce n’est pas indiqué explicitement dans ce texte, nous croyons qu’à travers la communion à son corps et à son sang, le Christ nous communique aussi son Esprit. Saint Éphrem exprimait cela de la façon suivante: « Il appela le pain son corps vivant, il le remplit de lui-même et de son Esprit. […] Et celui qui le mange avec foi mange le Feu et l’Esprit […]. Prenez-en, mangez-en tous, et mangez avec lui l’Esprit Saint. C’est vraiment mon corps et celui qui le mange vivra éternellement » (Homélie IV pour la Semaine sainte: CSCO 413 / Syr. 182, 55.)[2] Ainsi, par le don de son corps et de son sang, le Christ fait grandir en nous le don de son Esprit, déjà reçu au Baptême et offert comme «sceau » dans le sacrement de la Confirmation.
Pouvons-nous imaginer dans quel mystère nous sommes invités à participer?! Le mystère de la communion à la vie de Dieu trinitaire. La communion qui a ses racines et son cible dans l’éternité. Quelle immense grâce à portée de main !
Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org
[1] Jean Paul II, Lettre encyclique Ecclesia d’Eucharistia (sur l’Eucharistie dans son rapport à L’Église), Rome 2003, n. 16.
[2] Idem, n. 17.
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