No 189 – série 2025-2026

Évangile du vendredi 27 mars 2026 – 5ème Semaine de Carême

« Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains » (Jn 10, 31-42)

En ce temps-là,
         de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
          Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
          Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
          Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
                   Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
                  Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
                   Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
                   Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
          Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.

          Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
          Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
          Et là, beaucoup crurent en lui.

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Seule la foi pénètre le mystère

« Des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. » Pensons un instant à cette phrase : « lapider », autrement dit « tuer quelqu’un à coup de pierres ». Tuer veut dire éliminer, prendre la vie de quelqu’un, cesser son existence par l’acte volontaire.  Quand nous y pensons, pleines de questions surgissent : Pourquoi ? Qui a le droit de disposer de la vie et de la mort de l’autre ?  Si quelqu’un avait vraiment ce droit, quelles seraient des raisons valables pour justifier un acte si cruel privant la personne de ce qui est le plus précieux pour elle – de sa vie ? Rien d’étonnant que Jésus confronte ses interlocuteurs en les demandant : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »  

Au début du chapitre 10 de l’Évangile selon saint Jean, Jésus se révèle à ses disciples comme du bon berger, qui est la porte du salut pour ses brebis et qui est prêt à donnera sa vie pour elles (Jn 10, 11). L’image qui dévoile ce qui va bientôt se passer à Golgotha. Le Christ est en route vers sa Pâque. Bien qu’Il déjà accompli tant de miracles, la question des Juifs demeurait : qui est-il vraiment ? Et Jésus se révèle ouvertement comme Fils de Dieu, parle de sa relation avec le Père, de son union avec Lui (J 10, 29), soulignant ainsi son origine divine. Jésus témoigne la Vérité : il ne joue pas un rôle de Fils de Dieu, d’un Sauveur, Il l’est. Pour les Juifs c’est un blasphème. C’est pour cette raison qu’ils cherchent à le lapider. Malgré tous les œuvres du Christ, ils ne le croient pas, ils ne voient en lui qu’un homme ! Au cœur de leur approche jugeant et condamnant se trouve l’incroyance. Jésus même le remarque : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis » (Jn 10, 25-26).

L’incroyance rend aveugle et endurcie le cœur humain. Elle enferme l’intelligence humaine dans le cadre étroit de ses propres connaissances et convictions personnelles élevées au rang de vérité immuable. Tout ce qui est en dehors de ce cadre semble incorrect et doit être corrigé ou éliminé.  Jésus, en ce qui est et en ce qui fait, ne correspond pas à l’image de Dieu de ses interlocuteurs. Ils ne croient pas en Lui. Jésus les gêne et donc ils essaient de l’éliminer sous un prétexte qui semble noble et pieux, en veillant à la pureté de leur religion.

On peut croire si fermement à l’infaillibilité de sa propre compréhension de Dieu, qu’on finit par se détourner du Dieu vivant, en négligeant les œuvres visibles de Dieu, mais aussi en refusant d’accepter le mystère de Dieu. Il ne faudra pas oublier que la Révélation demeure empreinte de mystère. « Certes, par toute sa vie, Jésus révèle le visage du Père, puisqu’il est venu pour faire connaître les profondeurs de Dieu ; et pourtant la connaissance que nous avons de ce visage est toujours marquée par un caractère fragmentaire et par les limites de notre intelligence. Seule la foi permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente »[1].

La foi est indispensable pour tisser la relation avec Dieu qui restera toujours un mystère pour nous. Elle demande l’humilité et du courage de faire confiance à ce que Dieu révèle en et par son Fils. Cette révélation exige une réponse. La foi c’est une réponse : nous donnons notre assentiment à ce témoignage divin. C’est le choix fondamental que chaque personne doit faire. Cela signifie que nous reconnaissons pleinement et intégralement la vérité de ce qui est révélé parce que c’est Dieu lui-même qui s’en porte garant. C’est par la foi que nous adhérons à cette vérité, notre raison s’ouvre à elle et en accueille le sens profond[2].

Parmi les textes liturgiques pour aujourd’hui nous trouvons le psaume 17 qui nous offre une prière émouvante : « Dieu, mon libérateur, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis. » Seigneur, aujourd’hui je te demande de me libérer des ennemis qui peuvent être pour moi mes incrédulités, mes hésitations devant la vérité révélée, mes fausses croyances ou mes fausses images dans lesquelles j’essaye de t’enfermer, de t’« arrêter », mais tu m’échappes toujours… pour m’inviter ainsi à pénétrer ton mystère dans la lumière de la foi.

Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org


[1] Jean-Paul II, Lettre encyclique Fides et ratio, sur les rapports entre la foi et la raison, Rome 1998, n. 13.

[2] Ibid.



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