No 19 – série 2026-2027
Évangile du vendredi 25 septembre 2026 – 25ème Semaine du Temps Ordinaire
« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Lc 9, 18-22)
En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart.
Comme ses disciples étaient là,
il les interrogea :
« Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent :
« Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ;
et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Pierre prit la parole et dit :
« Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité,
leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Méditation – Une réponse qui qualifie nos relations
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, ce qui me frappe au début, c’est la prière de Jésus à l’écart. Il cherche ces moments d’intimité avec son Père. Comme Fils, il est déjà uni au Père par le fait d’être engendré par Lui, par sa filiation et par la vie du Père qui demeure en lui. Pourtant il le confirme toujours en restant en vif dialogue avec son Père. Par son incarnation dans ce monde, qui évolue dans les dimensions d’espace et de temps, il prend du temps pour prier à l’écart. Même avant son sacrifice, il prie et cherche la volonté du Père. En effet, l’obéissance à la volonté de Dieu était un élément central de sa mission, comme Il l’exprime : «je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma propre volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 6,38).
Son attitude suscite une question que je me pose moi-même : ai-je le temps pour prier, rester en silence, être à l’écart de tout ce qui avale mon temps et mon attention pour être présente, à l’exemple de Jésus, entièrement dans la relation avec mon Père céleste ? Quand je suis devant Dieu, je suis comme qui ? Une mendiante, une négociatrice ou une fille bien-aimée qui, dans le regard du Père, découvre toute sa valeur et sa beauté ? Est-ce que ma prière est seulement une liste de demandes, ou une liste d’achats, ou est-ce qu’elle inclut aussi une écoute de Dieu ?
Jésus sait qui Il est. Son identité de Fils est déjà confirmée dans la relation amoureuse avec son Père. Quand il pose la question : « Au dire des foules, qui suis-je ? », il ne se tourne pas vers l’opinion des autres pour affirmer son identité. Ce qui, d’ailleurs, est souvent ce que nous faisons en conséquence d’une blessure. Parfois nous nous soucions beaucoup de ce que les autres disent de nous, car nous nous identifions à cela. Nous faisons beaucoup d’effort pour mériter l’approbation, l’attention, l’amour… Nous oublions que notre vraie identité nous est donnée par Dieu et elle est inviolable.
« Pour vous, qui suis-je ? » demande Jésus aux apôtres qui le suivent et qui l’ont vu dans les différentes circonstances. Ils ont déjà assisté aux miracles, aux guérisons et même ils ont reçu de Lui « une force et un pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies » (Lc 9,1). Qui est-il enfin ? Pourquoi est-il tellement important de répondre à cette question ? À mon humble avis, la qualité de nos relations aux autres, mais également avec Dieu dépendra de la réponse à cette question.
Combien de fois on traite Dieu comme un magicien qui doit satisfaire toutes nos caprices. Notre prière se réduit à des demandes ou à des suggestions très précises à Dieu sur ce qu’il doit faire. En réalité, nous sommes concentrés sur notre propre volonté, et non sur celle de connaître la volonté du Père. Les relations avec Dieu peuvent purement devenir utilitaires : nous restons avec Lui parce qu’il y a un certain avantage à cela, ou bien nous négocions avec Lui, en offrant quelque chose en échange de cette faveur que nous lui demandons. En conséquence, nous sommes capables de nous fâcher contre Dieu et de ne plus vouloir avoir rien en commun avec Lui si nous n’avons pas obtenu ce que nous avons demandé dans la prière.
Reconnaitre en Jésus le Christ, le Messie de Dieu qui vient nous sauver par le don total de sa vie, c’est saisir l’immensité de l’amour dans lequel nous sommes plongés. Nous passons à un tout autre niveau de relations. Dans la perspective d’un tel généreux don désintéressé, les calculs et l’utilité perdent leur signification. À quel point chacun de nous compte aux yeux de Dieu, qui a donné pour nous son Fils bien-aimé ! (cf. Jn 3,16) Quand je prends conscience de cela, mon cœur déborde de gratitude et du désir d’aimer en retour de toutes mes forces.
Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org
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