No 203 – série 2025-2026

Évangile du vendredi 10 avril 2026 – Vendredi dans l’Octave de Pâques

« Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson » (Jn 21, 1-14)

En ce temps-là,
Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,
avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
Nathanaël, de Cana de Galilée,
les fils de Zébédée,
et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit :
« Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent :
« Nous aussi, nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ;
or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage,
mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit :
« Les enfants,
auriez-vous quelque chose à manger ? »
Ils lui répondirent :
« Non. »
Il leur dit :
« Jetez le filet à droite de la barque,
et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet,
et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,
tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait
dit à Pierre :
« C’est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur,
il passa un vêtement,
car il n’avait rien sur lui,
et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque,
traînant le filet plein de poissons ;
la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre,
ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise
avec du poisson posé dessus,
et du pain.
Jésus leur dit :
« Apportez donc de ces poissons
que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta
et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :
il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors :
« Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander :
« Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche ;
il prend le pain
et le leur donne ;
et de même pour le poisson.

C’était la troisième fois
que Jésus ressuscité d’entre les morts
se manifestait à ses disciples.

Méditation – Rencontre avec Jésus Ressuscité

Après sa résurrection, Jésus s’approche de ses disciples. Il vient les trouver dans leur quotidien dans lequel ils sont plongés, dispersés et désorientés intérieurement après les événements bouleversants. Jésus se manifeste au moment de leur « échec », après des efforts infructueux de toute la nuit. Il vient au moment de leur déception, de leur fatigue, de leur découragement, de leur faim…

Un détail attire mon attention : Jésus se tient sur le rivage, les apôtres sont en mer dans la barque. Ils sont séparés par environ une centaine de mètres. Cependant, cette distance ne les empêche pas de dialoguer. Peut-être qu’il faisait très calme ce matin-là et la voix se faisait facilement entendre de loin ? Ou, peut-être, ce texte veut nous suggérer autre chose : que les dimensions de l’espace et du temps ne deviennent plus un obstacle à la rencontre avec Jésus Ressuscité. 

Une question très intéressante a posée saint Grégoire le Grand dans son sermon sur l’Évangile d’aujourd’hui : « On peut aussi se demander pourquoi, après sa Résurrection, tandis que ses disciples peinaient en mer, le Seigneur s’est tenu sur le rivage, lui qui, avant sa Résurrection, avait marché sur les flots sous les yeux de ses disciples (cf. Mt 14,25). On en saisit vite la raison en considérant la cause sous-jacente à cette différence. En effet, que symbolise la mer, sinon le monde présent, battu par les flots tumultueux des affaires et les remous de cette vie corruptible ? Et que représente la fermeté du rivage, sinon la pérennité du repos éternel ? Les disciples peinaient donc en mer, puisqu’ils étaient encore pris dans les flots de la vie mortelle. Mais notre Rédempteur, après sa Résurrection, se tenait sur le rivage, parce qu’il avait déjà échappé à la corruptibilité de la chair. C’est comme s’il avait voulu se servir de ces choses pour parler à ses disciples du mystère même de sa Résurrection, en leur disant : “Je ne vous apparais plus sur la mer, car je ne suis plus avec vous dans l’agitation des flots.” (…) Ce n’est pas qu’il ne fût plus avec eux : son corps était présent et leur apparaissait ; il déclarait pourtant ne plus être avec eux, puisqu’il s’était éloigné de leur corps mortel par l’immortalité de sa chair. (…) par la position de son corps, lorsqu’aux yeux des disciples qui naviguent encore, il se montre désormais établi sur le rivage »[1].

Aux disciples qui naviguent encore « dans les flots de la vie mortelle », Jésus s’adresse en disant : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? Dans ces paroles, il y a tant de soin, de tendresse et d’amour. Jésus, l’incarnation de l’amour de son Père, continue à révéler que dans la pensée de Dieu à notre sujet, il y a de la place pour se soucier de notre besoin le plus simple et fondamental : le besoin de nourriture. Nous ne pouvons pas vivre sans combler ce besoin. « Le pain de ce jour », Jésus nous a appris à le demander dans la prière de « Notre Père ».

À la parole de Jésus, les disciples jettent les filets et sont étonnés du résultat de la pêche. Quelle générosité ! C’est beaucoup plus que ce qu’ils espéraient. Et bien plus de ce dont ils avaient besoin. Ce beau symbole révèle la mission des apôtres qui doit découler de leur fidélité à la Parole. Le filet de poisson remonté par les disciples jusqu’à terre a aussi une signification profonde. Le Pape Benoît l’expliquait ainsi : « Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort; dans un océan d’obscurité, sans lumière. Le filet de l’Évangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie »[2].

« C’est le Seigneur ! » Maintenant ce sont les disciples, étonnés et heureux, qui s’approchent de Jésus présent sur le rivage. Dans ses paroles et dans ses gestes, ils reconnaissent le langage d’amour de son Maître. Ils se sentent bien en sa présence. C’est une présence qui accepte totalement leur humanité, mais qui en même temps l’enrichit de divin dans les circonstances les plus simples de la vie. Cette présence les nourrit, les transforme, leur donne la force de continuer leur chemin. Et nous aussi, dans notre vie quotidienne, comme les disciples dans cette Évangiles, nous touchons « les rivages de l’éternité » quand vivons une rencontre réelle avec Jésus Ressuscité.

Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org


[1] Homélies de Saint Grégoire le Grand, Pape de Rome, http://orthodoxievco.net/ecrits/peres/dialogue/homelies/Homelies_de_saint_Gregoire_le_Grand/24.html

[2] Homélie du pape Benoît XVI, Messe inaugurale du Pontificat,Place Saint Pierre, 5° dimanche de Pâques, 24/04/2005 https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2005/documents/hf_ben-xvi_hom_20050424_inizio-pontificato.html



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