No 169 – série 2025-2026
Évangile du samedi 7 mars 2026 – 2ème Semaine de Carême
« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)
En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – Entrerons-nous dans la fête?
Aujourd’hui, par cette parabole, rencontrons deux fils et leur père qui les aime de manière ajustée… Accueillons ces trois personnages qui peuvent vivre en nous…
Écoutons d’abord ce que pourrait dire le plus jeune :
« Un jour, j’ai pris à pleines mains la vie que mon père m’a donnée et je suis parti libéré de toutes sortes d’obligations : je vais enfin vivre ma vie, loin de Dieu, loin de tout…
Je coupe les liens avec mon passé, j’existe pour moi-même, loin des relations saines avec les autres.
Je gaspille le don reçu, je surconsomme: je vis sans repères,
développant des dépendances de toutes sortes…
Au fil du temps, je suis devenu de plus en plus en exil de mon cœur-maison…
Ces jours-ci, je me retrouve complètement seul, affamé… mon cœur évidé de sens… Elle est où la lumière ?
Si je revenais vers mon père en reconnaissant que je me suis vraiment trompé de route de vie : j’y ai laissé ma dignité… »
Rencontrons maintenant le fils aîné :
« Un jour, je me suis dit : Je viens de recevoir la vie que mon père me donne: je ne veux vraiment pas perdre ce don et surtout ne pas me perdre…
Alors je reste proche de mon père, je répondrai à tout ce que je perçois de ses demandes, je serai un fils modèle et fidèle…
J’entre une spiritualité du devoir et de la responsabilité;
Je vis dans une rectitude morale, j’ai bonne conscience…
Et souvent, je porte des jugements sur ceux qui ne vivent pas comme moi.
C’est vrai que je suis en colère après mon frère qui est parti vivre sa vie !
Moi, je n’ose jamais fêter avec mes amis; vivre la liberté et la joie, c’est trop dangereux…
Je ne sais pas comment accueillir la dignité filiale que mon père me donne et encore moins celle qu’il continue de voir en mon frère : je ne comprends pas! »
Et le père s’invite à notre rencontre :
Quand j’ai aperçu mon fils cadet sur le chemin du retour vers la maison, j’ai été pris aux entrailles1, je suis sorti en courant à sa rencontre… Il était vivant !
Je pense qu’il a essayé de me parler de péché, mais je n’entendais plus rien! Il était retrouvé vivant alors que je le croyais perdu ou mort…
Vite, habillons-le de sa dignité de fils : le plus beau vêtement, bague de famille au doigt, sandales des fils…
Faisons la fête ! Veau gras, musique… J’espère tellement qu’il entrera dans la fête car pour moi, ce n’est pas ce qui est bien ou mal qui compte, c’est mon fils dans la vie !!! « Choisis donc la Vie »2 , lui avais-je déjà dit!
Dans mon Être-Père, je suis aussi sorti à la rencontre de mon fils aîné :
Il était tellement emprisonné dans son sens du devoir qu’il a oublié de vivre et surtout de me rencontrer comme père… Tout ce temps, j’ai attendu qu’il me voit, qu’il m’appelle « Abba, papa »
J’ai tellement espéré qu’il découvre ce « Tout ce qui est à moi est à toi » : je ne suis pas son employeur : il est mon fils bien-aimé, en lui je trouve toute ma joie ! Ouvrira-t-il son cœur à mon autre fils qui est aussi son frère ?
J’espère tellement que l’aîné entrera dans la fête !
Et toi, y entreras-tu?
Lucille Lanoie – lucillelanoie4@gmail.com
Merci à Christiane Massé pour sa précieuse collaboration à cette méditation.
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- Bible de Chouraqui ( saisi de compassion : pris aux entrailles)
- Deutéronome 30, 19
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