No 176 – série 2025-2026

Évangile du samedi 14 mars 2026 – 3ème Semaine de Carême

« Le publicain était devenu un homme juste, plutôt que l’autre » (Lc 18, 9-14)

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
“Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
“Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Laissons-nous Dieu agir dans notre prière ?

Aujourd’hui, nous retrouvons Jésus qui s’adresse à certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres…

En présentant cette parabole, Jésus met en lumière comment notre manière de prier parle de notre regard sur Dieu, sur l’autre et sur nous-même…

Il nous présente deux extrêmes… Ces deux hommes sont dans le même temple mais prient-ils le même Dieu ?

Soupçonnant que la Parole ait pu toucher le cœur des interlocuteurs, regardons de plus près…

Deux hommes montèrent au temple et après avoir prié, il se rencontrent dans le temple.

Le pharisien a su accueillir un regard de vérité sur lui-même durant sa prière; il dit à Dieu : « Pardonne-moi…

Pardonne-moi ma prière auto-suffisante; j’étais là debout devant toi : j’avais oublié que c’est toi qui m’as mis debout…

Tu as fait de moi un gardien du sacré : ton désir est que je sois en tenue de service, devant toi et devant mes frères et sœurs. Mais je me suis servi de mon savoir et de l’autorité que tu m’as confiée pour prendre le pouvoir sur les autres, les juger, les exclure…

J’ai oublié que mon ministère vient de toi…

J’étais tellement enfermé dans mes rituels en croyant que cela me rendait juste devant toi; j’étais incapable d’être en vraie relation avec toi .

Pardonne-moi aussi mon arrogance quand je ne voulais pas manger à la même table que ceux qui étaient considérés comme impurs; pardonne-moi mon dédain qui m’a amené à ne pas vouloir être vu avec un publicain… »

Et toi Seigneur, tu me dis : « Va te réconcilier avec ton frère… » (Matthieu 5, 24)

Ce pharisien, reconnaissant sa part d’ombre, va vers le publicain à la sortie du temple…

Écoutons-le lui dire :

« Pardonne-moi … je me suis laissé enfermé dans mes convictions que je croyais justes et je n’ai pas su être ton frère… pardonne-moi… »

Le publicain poursuit:

« Et moi, je me suis laissé écraser par le regard que la religion a posé sur moi; j’ai intégré ce regard d’exclusion, j’ai perdu contact avec ma dignité en Dieu… Ce qui m’a sauvé, c’est d’avoir osé me tourner vers Dieu alors que j’étais abimé par mon péché…

Mon indignité m’a amené dans un rituel : agenouillé dans mon cœur et dans mon corps, j’ai dit à Dieu « montre-toi favorable au pécheur que je suis »…

Son regard m’a révélé que je suis tellement plus que ce que les gens voient de moi;

je suis tellement plus que ce à quoi souvent je me réduis ou me laisse réduire…

J’ai entendu que j’ai de la valeur à ses yeux, je suis son fils bien-aimé, j’ai le droit d’exister… C’est comme s’il m’avait dit : « Debout resplendis… lève-toi… » (Isaïe 60,1-2)

Maintenant, je peux me tenir debout devant Lui parce que relevé par Lui,

je peux me tenir debout devant toi parce que relevé par Lui…

Il m’a rappelé que Jésus est allé manger à la table de Lévi et dans la maison de Zachée.

Je suis relevé… je peux me tenir ici au milieu du temple près de toi et si toi, gardien du sacré, tu acceptes d’être à ma table, sachant que tous les deux que nous sommes pécheurs, aimés et pardonnés, réconciliés avec Lui et en Lui, nous pourrons entrer dans sa fête !

Toi pharisien, moi publicain, nous pourrons nous recevoir fils de Dieu et frères en humanité, dans un juste regard sur nous-mêmes, sans mésestime ou surestime de soi, dans une juste relation entre nous et ensemble nous pourrons prier le Magnificat :

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

 Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » (Lc 1, 49-52)

Lucille Lanoielucillelanoie4@gmail.com

Merci à Sylvie Carpentier et Guy Vallée pour leur précieuse collaboration à cette méditation.



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