No 165 – série 2025-2026

Évangile du mardi 3 mars 2026 – 2ème Semaine de Carême

« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

En ce temps-là,
Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Vous n’avez qu’un seul maître

La description de Jésus est très forte, et votre réaction est peut-être comme la mienne, d’espérer pouvoir me mettre dans une autre catégorie que ces scribes et ces pharisiens… En ce qui concerne la largeur des phylactères et la longueur des franges je n’ai pas trop de problème, par contre la façon dont je considère les « places d’honneur », les « sièges d’honneur », les « salutations », m’est moins indifférente. Nos blessures sont souvent en relation avec notre « place », dans la fratrie, dans la relation avec nos parents ou figures paternelles. Je me suis par exemple rendue compte à un certain moment que la place que je choisissais dans le cercle de mes collègues n’était pas indifférente, banale. Ma prise de conscience d’un certain sentiment d’exclusion liée à mon histoire personnelle m’a permis de décider de changer de place, de trouver une nouvelle liberté dans mes relations de travail, de dépasser certains jugements ou certaines craintes.

Non, notre « place » n’est pas privée de sens, et il peut être difficile d’être en bout de table, voire à une autre table s’il n’y a plus de place pour nous. Je me sens tout à coup beaucoup plus proche de ces scribes et de ces pharisiens, qui auraient eux aussi eu à sublimer leur blessure, mais cherchent parfois plutôt leur « chaire » dans laquelle ils s’enferment, mais dans laquelle ils enferment aussi les autres. N’est-ce pas là leur plus grande faute, utiliser la foi et la recherche du plus grand bien des gens du peuple pour assouvir leur besoin de domination ?

Jésus rappelle que nous n’avons qu’un seul Père, que personne ne peut prendre sa place, et qu’un seul maître peut nous enseigner, le Christ. Jésus libère ses auditeurs, Il remet chacun de ceux qui l’écoutent, et nous tous, à sa « place », celui de fils et de fille aimé du Père, et il nous aide à ne considérer qu’une seule autorité, celle de Dieu, et cela de façon très forte. L’autorité légitime est une capacité de faire grandir l’autre, d’augmenter la confiance en lui-même, et c’est là le projet de Dieu sur chacun de nous et sur les relations entre nous. Vécue dans un esprit de service l’autorité permettra à chacun d’avoir sa place dans le groupe, de limiter les excès, et sera rassurante. Toute autre attitude tient plutôt de l’autoritarisme, dérive dangereuse, qui en revanche écrase la personne et ne lui laisse pas la possibilité de grandir.

Si nous avons des responsabilités sur d’autres personnes, et c’est le cas de beaucoup d’entre nous dans des domaines très différents, familial, professionnel, dans nos communautés de vie ou communautés spirituelles, profitons de cette période de Carême pour nous remettre en question sur notre manière de vivre l’autorité, suis-je en train de faire grandir l’autre, d’augmenter la confiance en lui-même ?

Et si je suis en position de « fils » dans la relation d’autorité, suis-je capable de ne « donner à personne sur la terre le nom de Père », en faisant ma part pour sortir d’une position de victime, pour trouver ou retrouver le chemin pour grandir dans l’amour, et en faisant respecter ma propre dignité ? Alors nos relations deviendront toujours plus constructives, nous « servant les uns les autres », et feront ainsi resplendir davantage la beauté de la fraternité humaine, et de toutes les « Paroles de Dieu » qui s’expriment en chacun de nous.

Colette Le Tolguénec – colette.letolguenec@gmail.com



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