No 179 – série 2025-2026
Évangile du mardi 17 mars 2026 – 4ème Semaine de Carême
« Aussitôt l’homme fut guéri » (Jn 5, 1-16)
À l’occasion d’une fête juive,
Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis,
il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha.
Elle a cinq colonnades,
sous lesquelles étaient couchés une foule de malades,
aveugles, boiteux et impotents.
Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans.
Jésus, le voyant couché là,
et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps,
lui dit :
« Veux-tu être guéri ? »
Le malade lui répondit :
« Seigneur, je n’ai personne
pour me plonger dans la piscine
au moment où l’eau bouillonne ;
et pendant que j’y vais,
un autre descend avant moi. »
Jésus lui dit :
« Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »
Et aussitôt l’homme fut guéri.
Il prit son brancard : il marchait !
Or, ce jour-là était un jour de sabbat.
Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied :
« C’est le sabbat !
Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. »
Il leur répliqua :
« Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit :
“Prends ton brancard, et marche !” »
Ils l’interrogèrent :
« Quel est l’homme qui t’a dit :
“Prends ton brancard, et marche” ? »
Mais celui qui avait été rétabli
ne savait pas qui c’était ;
en effet, Jésus s’était éloigné,
car il y avait foule à cet endroit.
Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit :
« Te voilà guéri.
Ne pèche plus,
il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »
L’homme partit annoncer aux Juifs
que c’était Jésus qui l’avait guéri.
Et ceux-ci persécutaient Jésus
parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – Veux-tu être guéri ?
Jésus nous surprend toujours « Veux-tu être guéri ? » C’est en effet une évidence que toute personne malade n’a pas d’autre désir que de sortir de la maladie, et plus que jamais au temps de Jésus où toute maladie était l’expression d’une punition divine. Mais Jésus n’impose rien, même la guérison qu’il sait être le salut pour cet homme qui attend depuis des années de pouvoir être plongé dans la piscine. Jésus lui dit « Lève-toi, prends ton brancard, et marche ». Quel mystère ! Et aussitôt l’homme fut guéri…
Pourquoi Jésus guérit-il cet homme qui ne semble pas avoir quelque chose de spécial ? Il y a toute une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents… rien de particulier si ce n’est que cet homme attend depuis longtemps que quelqu’un l’aide, « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne », le plus seul peut-être, celui qui fait partie du paysage, car personne ne fait plus cas de lui. C’est justement à lui que Jésus va s’adresser, et dans le respect de sa dignité, de sa liberté « veux-tu ? ». Les juifs qu’il va voir ensuite, par contre, ne se sont pas occupé de cet homme qu’on peut imaginer désespéré dans son impossibilité de descendre dans l’eau bouillonnante qui aurait pu le guérir. Ce qui les intéresse est uniquement le fait que Jésus l’a guérit un jour de sabbat, il est un simple objet dans la discussion et non le sujet principal, c’est de porter le brancard qui est en question ! Ce qui était un geste qui aurait pu être vu comme un grand acte de compassion, devient seulement pour eux un geste de scandale. Quel paradoxe ! Comme nos intentions peuvent être différentes de celles de Jésus qui ne voit que la personne dans sa valeur unique. Notre regard est si souvent pollué par des pensées qui naissent de nos blessures personnelles ou collectives. Les juifs sont alors si préoccupés par le fait que Jésus a guéri le jour du sabbat qu’ils ne voient même plus une possibilité que cette guérison puisse être un bienfait pour le malade qui est libéré. Il est en effet tellement plus simple de suivre les préceptes de la loi que de suivre la voix de Dieu, la voie de Dieu. Jésus dit « Lève-toi ». Suivre cette voie demande avant tout de se lever, c’est un homme relevé par Jésus qui va commencer un chemin souvent long de discernement, d’écoute de sa voix dans le chaos des mille voix que nous pouvons entendre dans notre cœur.
L’homme guéri ne sait pas encore qui est Jésus, si ce n’est « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : « Prends ton brancard, et marche ! ». C’est sur sa parole qu’il avait pris son brancard et marché, sans poser plus de question mais lorsque Jésus le retrouve plus tard dans le Temple il lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire …». Que pourrait-il y avoir de « pire encore » que ce qu’il a vécu pendant sa vie ? Ne serait-ce pas cette grande infirmité du péché dans lequel nous pouvons nous enfermer lorsque nous restons sur notre brancard, sans répondre à l’invitation de Jésus à « nous lever », à chercher sa voie ? Jésus nous invite à nous remettre debout, et à le suivre et nous serons libérés de cette maladie plus grave que toutes les paralysies physiques.
Colette Le Tolguénec – colette.letolguenec@gmail.com
Événements en vedette
DROIT D’AUTEUR
La méditation peut être partagée à toutes et à tous, en tout ou en partie, mais le nom de l’auteur et l’indication du centre le Pèlerin avec l’adresse du site (www.lepelerin.org) doivent être inscrits, car les droits d’auteur demeurent. Merci de votre compréhension.
