No 60 – série 2026-2027

Évangile du jeudi 5 novembre 2026 – 31ème Semaine du Temps Ordinaire

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-10)

En ce temps-là,
    les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
    Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
    Alors Jésus leur dit cette parabole :
    « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
    Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
    et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
“Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !”
    Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

    Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent
et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
    Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
“Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
    Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

Méditation – La joie de Dieu !

Dans une économie pastorale, le troupeau fait la prospérité de son propriétaire. La valeur, dans une société proche de la terre, ne se compte pas en pièces entassées dans un coffre ; seule la vie des bêtes qui ondulent sur la colline constitue la fécondité véritable. Le Christ emploie cette image de la brebis perdue pour suggérer que nous sommes la richesse de Dieu. Pouvons-nous concevoir une telle merveille ? Nous sommes, le trésor de Dieu !

Dans sa magnificence, le Créateur a suscité de nombreux êtres. Il a créé les anges aux pensées sublimes. Pourtant, l’être humain est la seule créature que le Créateur poursuive de Son amour. « La religion enseigne que Dieu a créé les êtres finis à des degrés différents de médiocrité. Nous constatons que nous autres humains nous sommes à la limite, l’extrême limite au-delà de laquelle il n’est plus possible de concevoir, ni d’aimer Dieu. Au-dessous de nous, il n’y a que les animaux. Nous sommes aussi médiocres, aussi loin de Dieu qu’une créature raisonnable peut l’être. C’est un grand privilège. C’est pour nous que Dieu doit faire le plus long chemin s’il veut aller jusqu’à nous. »[i]

Pour nous rejoindre, Dieu prend le chemin le plus risqué. Il parcourt l’immense distance qui sépare l’Être divin des médiocres créatures que nous sommes : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Philippiens, 2,5-8). Ce que cette descente coûte à Dieu, qui le mesurera ?

Cette descente fait la joie de Dieu ! « “Réjouissez-vous avec moi” (…) Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » Un pécheur se refusait en tournant le dos. Mais, Dieu vient nous chercher jusque dans nos refus. Alors, pour l’espérance divine, rien ne surpasse la seconde de ce retournement. Rien ne vaut la joie d’un visage qui se retourne et fait face à son Créateur…  Jésus n’hésitait pas à manger avec « les publicains et les pécheurs ». L’aventure du berger (qui se hasarde pour retrouver une brebis) raconte ce chemin par lequel Dieu descend vers chacun de nous. 

C’est par un amour inconcevable que Dieu descend jusqu’à nous. Cet amour inventif suit un chemin unique adapté à celui qu’Il rejoint. Dieu modèle Sa descente en fonction de chacun des visages qu’Il approche.

Prenons un témoignage. Simone WEIL, élevée dans une famille agnostique, écarta assez tôt la question de Dieu comme excédant les limites de la raison humaine. Comme un berger retrouvant sa brebis, le Christ vint la rejoindre. En 1938, au plus fort d’une crise de migraine, Simone WEIL vécut une rencontre. Écoutons-la :

« Il y avait là un jeune Anglais catholique qui m’a donné pour la première fois l’idée d’une vertu surnaturelle des sacrements, par l’éclat véritablement angélique dont il paraissait revêtu après avoir communié. Le hasard (…) a fait de lui, pour moi, un messager. Car, il m’a fait connaître l’existence de ces poètes anglais du XVII° siècle. Plus tard, en les lisant, j’y ai découvert le poème (…) intitulé Amour. Je l’ai appris par cœur. Souvent, au moment culminant des crises violentes de maux de tête, je me suis exercée à le réciter en y appliquant toute mon attention et en adhérant de toute mon âme à la tendresse qu’il enferme. Je croyais le réciter seulement comme un beau poème, mais à mon insu cette récitation avait la vertu d’une prière. C’est au cours d’une de ces récitations que (…) le Christ lui-même est descendu et m’a prise.

Dans mes raisonnements sur l’insolubilité du problème de Dieu, je n’avais pas prévu la possibilité de cela, d’un contact réel, de personne à personne, ici-bas, entre un être humain et Dieu. J’avais vaguement entendu parler de choses de ce genre, mais je n’y avais jamais cru. (…) Les histoires d’apparition me rebutaient plutôt qu’autre chose, comme les miracles dans l’Évangile. D’ailleurs dans cette soudaine emprise du Christ sur moi, ni les sens ni l’imagination n’ont eu aucune part ; j’ai seulement senti à travers la souffrance la présence d’un amour analogue à celui qu’on lit dans le sourire d’un visage aimé. »[ii]

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr

Notes :


[i] Simone WEIL (1909-1943), Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu.

[ii] Simone WEIL, Œuvres, Paris, Gallimard, « Quarto », 1999, p.771.

Prier les intentions de la communauté

Nous vous invitons à porter dans vos prières les intentions confiées par les membres de la communauté du Pèlerin. Vous pouvez aussi déposer votre propre demande de prière.

Linda P.
Pays : Canada — 02/11/2026

Que tous les ainés ,comme moi ,puissent développer leur relation à Jésus de plus en plus,afin que celui qui croit en lui ait la vie éternelle


bosc patricia
Pays : france — 02/11/2026

pour Maxime,15 ans atteint d une tumeur,nous demandons sa guérison et votre soutien MERCI


marie
Pays : reunion — 01/11/2026

je confie à vos prières mon époux Philippe qui souffre d\'un cancer de la moelle osseuse et anémie très sévère Je vous remercie


Déposer une demande de prière



Événements en vedette



DROIT D’AUTEUR

La méditation peut être partagée à toutes et à tous, en tout ou en partie, mais le nom de l’auteur et l’indication du centre le Pèlerin avec l’adresse du site (www.lepelerin.org) doivent être inscrits, car les droits d’auteur demeurent. Merci de votre compréhension.