No 160 – série 2025-2026

Évangile du jeudi 26 février 2026 – 1ère Semaine de Carême

« Quiconque demande reçoit » (Mt 7, 7-12)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Le trop-plein du cœur

Quiconque demande, reçoit. La simplicité de la Parole de ce matin n’a d’égale que sa vérité dans les coulisses du Royaume. Elle fait d’ailleurs écho à la Parole d’Isaïe (55.1-3) qui en fait sourciller plusieurs d’entre nous : « Venez acheter sans rien payer ».

Ainsi en va-t-il de la logique de surcroît, du débordement et de la gratuité de ce monde nouveau dans lequel Dieu s’écoule en bonté et en pauvreté. Nous ne construisons pas le Royaume par les mérites mais bien par nos moments de communion. Le Souffle ne nous essouffle pas en nous poussant dans mille et une directions, vers mille et un projets inaboutis. Il est une force qui nous recueille, nous ramasse en quelque sorte, et nous apaise. Donner sa vie en pure perte, sans attente, sans intérêt sans récompense, au creux de la proche-aidance, dans les replis de l’assistance sans lendemain à mon prochain, dans ce temps perdu à témoigner de la croissance de l’autre dont sa joie toute à lui sera notre seul salaire.

Dans ces moments de don de soi, versés par l’amour têtu qui dépasse toute forme de devoir et ne passera jamais, il n’y a ni victoire ni fierté. Il ne reste que la certitude d’être profondément ancré dans ce qu’il y a de plus vivant en notre humanité C’est précisément dans ces saisons de don de sa vie que nous sommes cueillis par une joie toute autre qui n’appartient pas au sentiment d’accomplissement mais à celui d’être tout simplement, dans son expression la plus racinaire, dans une gratitude immaculée. C’est lors de ces moments de communion que nous est donnée la certitude d’être au cœur d’un monde nouveau, pour l’autre, avec mon inconsistance, et en Lui.

Ce qui nous est donné, cet Amour qui cherche à se déverser à travers soi et parfois même malgré soi, c’est l’essentiel de ce Dieu révélé par le Christ. Un essentiel comme une charité glorieuse, l’essentiel qui demeure caché à ceux et celles dont la soif n’exige pas d’aller jusqu’au bout de la lumière pourtant si accessible, jusqu’au bout de la vérité désarmante de simplicité. Forcément il faut donner pour recevoir et déverser le trop-plein d’amour déposé en notre cœur afin de nous laisser remplir du vivant de la vie, encore et encore.

Ainsi, dans le Royaume ce n’est pas exclusivement le manque à vivre du prochain qui suscite le dévouement et le don, c’est peut-être d’abord le trop-plein de notre propre cœur, en lequel a été mis tout l’amour de Dieu et qui ne peut le contenir, aspirant à le déverser dans le cœur prochain. Une dynamique du débordement si fréquente en accompagnement où dans les cœurs à cœurs qui se tissent et se reçoivent les uns des autres, l’on finit parfois par se demander qui accompagne qui… jusqu’à conclure que l’un comme l’autre nous sommes accompagnés par cet Amour infini qui se donne au sein de la relation parce que trop-plein.

Barbara Martel – bmartel@lepelerin.org



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