No 181 – série 2025-2026

Évangile du jeudi 19 mars 2026 – Saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie

« Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » (Lc 2, 41-51a)

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem
pour la fête de la Pâque.
          Quand il eut douze ans,
ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
          À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,
le jeune Jésus resta à Jérusalem
à l’insu de ses parents.
          Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,
ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
          Ne le trouvant pas,
ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

          C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,
assis au milieu des docteurs de la Loi :
il les écoutait et leur posait des questions,
          et tous ceux qui l’entendaient
s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
          En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,
et sa mère lui dit :
« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois comme ton père et moi,
nous avons souffert en te cherchant ! »
          Il leur dit :
« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?
Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »
          Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
          Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,
et il leur était soumis.

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Vois comme le Père a souffert en te cherchant !

En cette fête de saint Joseph, je médite cette folle inquiétude parentale avec compassion et familiarité, qui de nous n’a pas déjà perdu un enfant de vue ? Trois jours à arpenter les ruelles bondées de Jérusalem et à revisiter sans cesse les quatre coins des murs du Temple pour retrouver cet enfant dont la réponse en décontenancera plus d’un : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

L’expérience de la paternité de Dieu est sans contredit l’expérience nouvelle et révolutionnaire que nous apporte Jésus dans l’Histoire de notre humanité. Jésus partagera, tout au long de sa vie, une conscience filiale immédiate et personnelle avec un Dieu qui n’emprunte en rien au Dieu créateur et extérieur de sa tradition juive. Sa conscience filiale se distingue de celle du peuple élu auquel il appartient et dont il connaît profondément toute la sagesse. Expérience singulière et unique, sa relation à Dieu ne sera, au fond, que filiale et deviendra la source de son autorité et de son témoignage de Fils. Si cette conscience était bien présente à 12 ans, elle sera pleinement saisie dans la mise en don de sa mission lors de son baptême. Au Jourdain, il entend le Père lui dire : « C’est toi mon Fils; moi, aujourd’hui je t’ai engendré (Lc 3.22) ». L’intimité révélée jusqu’alors par les prophètes leur octroyait la mission de porte-parole, porter Sa parole, en être le messager. Or la consécration de Jésus vient révéler le visage du Dieu qu’il l’habite jusqu’à la délicate incarnation, sans rien brimer ou maquiller de ce qui est humain en l’homme et en le Fils. C’est parce que c’est Dieu lui-même qui se communique, en plénitude, à la chair en s’anéantissant, en devenant la toute-puissance de la fragilité humaine, et bientôt de la nôtre. L’évènement de Jésus est l’accomplissement de ce dessein inouï de Dieu qui désire, à travers l’histoire de son peuple, entrer en relations avec ses créatures, devenues pourtant humains blessés et pécheurs, devenues pourtant ses enfants bien-aimés.

Si la conscience filiale de Jésus envisage le grand dessein de Dieu de se communiquer aux humains, la mission du Christ sera de nous filier, de nous inviter par Lui, en Lui avec avec lui, à configurer notre conscience pour enfin refléter à notre tour le visage unique de ce Dieu que nous sommes. Tout comme nous sommes tous fils et filles d’un père qui laisse son empreinte et son héritage en nous, le Père céleste manifeste sa volonté de demeurer au creux de notre chair. Dans sa présence intérieure, dans son engendrement pour nous rendre fils et filles dans le Fils, Il transforme nos corps en Temple, vivifie nos vies en une conscience imprégnée d’amour et d’enfance qui ne proviennent ni de notre amour limité ni de notre enfance blessée. Une part divine s’est invitée, gratuitement, ne reposant que sur notre consentement, nous offrant de l’inconditionnel et de l’éternel. Quelle grâce que s’être laissés cherchés et retrouvés par ce Père qui nous ouvre à l’amour de tous les humains.

Comme Joseph, comme Marie, ce Dieu dont la paternité nous rend fils et filles dans le Fils et dont la maternité nous rend capable d’engendrement nous a-t-il cherché avec inquiétude aux quatre coins de sa création ? Peut-être a-t-il frémi que nous ne consentions pas à l’accueillir ? A-t-il vécu la même inquiétude que les parents qui perdent leur enfant de vue ?

En cette fête de saint-Joseph, je prie pour ces pères qui, le cœur en peine, attendent les bras ouverts sur le pas de la porte que leur enfant revienne. Car seul un père peut rendre un enfant fils ou fille, seul le Père dans un père peut bien aimer son enfant.

Barbara Martel – bmartel@lepelerin.org



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