No 163 – série 2025-2026
Évangile du dimanche 1er mars 2026 – 2ème Dimanche de Carême
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – Son Amour épouse notre croix pour nous donner de Le resplendir !
Dans l’intime de cette relation profonde que Jésus a avec son Père, Il se fait notre frère en venant nous rejoindre dans ce lieu où nous sommes en danger de décrochage à cause de cette croix qui est la nôtre. Il y a notre croix bien sûr qui nous rend fragile au doute et aux convictions de mort, mais il y a aussi la Croix du Christ qui nous plonge dans l’insondable de l’Agir de Dieu à travers cette manière de nous sauver qui a toutes les apparences de l’échec. Pour les disciples, comme pour nous, nous ne pouvons concevoir que le chemin du Christ passe par le mystère de sa Passion et de sa mort. Comme eux, nous expérimentons cette présence de la croix qui refroidit notre espérance, notre confiance et notre amour, dans la déroute où nous laisse l’impasse du chemin.
Les disciples sont sous le choc. : Jésus leur a dévoilé…
« …qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. » (Mt 16, 21)
Entre cet Amour manifesté par le Christ tout au long de son ministère, et cette condamnation où Jésus sera mis à mort, quel abîme insondable ! L’Amour sans mesure de Dieu sera crucifié. La radicalité du mal et la radicalité de l’Amour se rencontrent dans un duel où la mort semble victorieuse.
Cet Amour qui persévère et se donne, rien ne peut le tuer. Le Christ ouvrira un passage au cœur même du mal et de la mort. Il se place Lui-même au cœur de cette fracture entre la vie ET la mort, entre l’amour ET le mal. Il continuera de nous aimer au cœur de ce mal : Sa Croix sera la signature de cet Amour.
Nos propres croix sont aussi expressives de cette rencontre entre notre amour avec ce désir de vie (pour soi ou pour les autres) ET la réalité du mal, de la maladie, de nos limites jusqu’à celle radicale de la mort. C’est là précisément que nous sommes en danger de décrochage… C’est là aussi que Pierre se trouvait lorsque, prenant à part Jésus, il se mit à Lui faire de vifs reproches à la suite de ce que Jésus venait de leur annoncer :
« Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » (Mt 16, 22)
Comme Pierre, nous ne pouvons pas concevoir que le mystère de la croix puisse être partie prenante de notre fécondité. Les croix font partie de notre vie, oui… mais elles nous apparaissent comme ce qui nous détruit, ce qu’il faut chercher à oublier dans le divertissement ou l’activisme OU à vivre dans l’accablement de condamnés à mort.
Les situations pour lesquelles notre désespérance peut se nourrir ne manquent pas : les guerres, la pollution, la pauvreté, les divisions dans nos familles ou au creux de nos amours, la corruption… Partout où nous concluons au verdict de « causes perdues », nous exprimons que nous croyons le mal et la mort. Il nous est si facile de donner le dernier mot à la souffrance que nous vivons et à celles qui affligent l’humanité : nous sommes alors tentés d’être comme le bétail qui s’obstine à retourner dans le bâtiment qui l’a abrité, alors même qu’il est en feu !!!
La Pâques du Christ nous invite à ne pas nous enfermer dans nos convictions de mort, mais à entrer dans la décision de Le suivre, alors même que le chemin qu’Il prend nous déroute.
En électricité, la connexion des 2 fils aux polarités opposées engendrent un court-circuit qui fait sauter le fusible. Par ailleurs, si on place une ampoule entre les mêmes 2 fils, la lumière surgit.
Par son Amour, le Christ a fait de sa vie la jonction qui accepte de se déposer entre notre désir de vie et cette croix qui nous convainc de mort. Dans cette croix où nous expérimentons le court-circuit qui fait sauter le fusible, le Christ choisit de nous aimer en vivant Lui-même ce qui nous fait du mal et ce qui nous fait mourir. Par son Amour, Il devient lumineux de cette Vie qu’Il nous transmet pour nous ouvrir à l’éternité de la vie… non pas simplement celle que nous expérimenterons à l’extrémité de nos jours, mais celle que le Christ désire déjà pour nous, maintenant, par Sa Parole. Derrière notre croix, il y a la Sienne.
Dans cette nuée où le Mystère de ce qui nous sauve nous déroute, le Père nous invite à écouter son Fils… Du sein de la nuée, aveuglés d’obscurité ou de lumière, nous sommes invités à accueillir la Parole du Père nous révélant le Fils Bien-aimé. Par cette Voix qui s’adresse à nous, le Père nous dévoile l’Être-Fils de Jésus. En faisant de nous les confidents de cette révélation, le Père Lui-même se manifeste à nous comme Celui qui parle à ses filles et fils bien-aimés.
Si, pour les disciples, l’incompréhension est radicale devant le mystère de l’annonce de sa mort, elle est tout aussi radicale alors qu’ils sont témoins de la transfiguration de Jésus, au cœur de ce moment où rayonne la relation qui unit Jésus à son Père. En dialogue avec Moïse et Élie, Il se révèle comme Celui en qui s’accomplissent les Écritures. Pierre essaie bien de retenir la grâce offerte en ce moment de visitation à travers les tentes offertes, mais on ne peut « posséder » la grâce qui nous sauve.
Aussi incompréhensible dans son Mystère de vie que dans son Mystère de mort, nous sommes placés avec le Christ entre ces 2 mystères dont la fécondité nous demeure secrète et énigmatique. Nous sommes invités à faire de l’incompréhensible tissé d’obscurité et de lumière, le lieu de l’écoute de sa Parole.
Cette Parole vient nous rejoindre pour que, au cœur même de nos croix, nous choisissions de mettre notre confiance en Jésus. Au milieu de ce qui fracture la vie et l’Humanité, là même où nous pourrions trouver à « disjoncter », la foi en Jésus nous donne de devenir incandescent de son Amour. La foi est ce filament à travers lequel nous devenons témoins au milieu des croix de ce monde.
Cette Parole ne résout pas l’énigme de la souffrance et de notre croix… Elle nous révèle jusqu’où son Amour accepte d’aller pour nous sauver en inscrivant la démesure d’une issue de Lumière dans l’impasse de nos croix. En chacune de nos vies, n’y a-t-il pas eu parfois la grâce d’une présence lumineuse au moment même où nous allions décrocher ? Nuée lumineuse où, le Christ Lui-même s’approchait et nous touchait pour nous redire : « Relève-toi et sois sans crainte! ».
Dans l’écoute de Sa Parole, Sa Transfiguration appelle et suscite la nôtre !
Habité par ce qui nous saisit plus que nous ne pouvons le saisir, nous redescendons de la montagne… Sans même comprendre l’horizon de résurrection que le Christ nous ouvre, nous marchons avec Celui dont la Croix ouvre un sillon de Lumière au plus sombre de notre croix, là même où nous avions cru le mal et la mort.
Et déjà, n’y a-t-il pas en nous une surprenante lumière silencieuse dont Sa Croix est la « sage-femme »?
Son Amour épouse notre croix pour que nous resplendissions de Sa Lumière et du Don qu’Il a mis en nous !
L’abbé Paolo – maheux.paolo@gmail.com
Événements en vedette
DROIT D’AUTEUR
La méditation peut être partagée à toutes et à tous, en tout ou en partie, mais le nom de l’auteur et l’indication du centre le Pèlerin avec l’adresse du site (www.lepelerin.org) doivent être inscrits, car les droits d’auteur demeurent. Merci de votre compréhension.
