J’ai eu le privilège de participer à la Grande Assemblée Missionnaire organisée par les Évêques du Québec du 15 au 17 septembre. Un privilège, car ce rassemblement de plus de 500 personnes impliquées dans l’évangélisation et venant de tous les diocèses du Québec a assurément été un moment fort de vie ecclésiale. Nous avons réfléchi ensemble, dans un premier temps, sur le monde vers lequel nous sommes envoyés pour réfléchir ensuite à quelle mission transformatrice nous sommes appelés en tenant compte de la conversion que nous avons à vivre, les résistances que nous rencontrons, les forces que nous avons et de ce que nous avons besoin. Enfin, nous avons regardé les changements que nous avons à vivre, les collaborations à établir entre diocèses pour, finalement, discerner quels seront nos engagements prioritaires.

Dans la relecture de la réalité du monde à partir de la Parole, nous avons partagé sur six signes des temps dégagés des consultations précédentes dans les diocèses : les nouvelles technologies : une opportunité de dialogue sur le devenir humain; le cri des peuples, des pauvres et de la terre : une prise de conscience de notre interdépendance qui appelle de nouvelles solidarités; l’interculturalité : un défi pour la société et l’Église québécoises; impuissance et anxiété face aux bouleversements du monde : l’urgence de revisiter l’espérance; la perte de confiance et de crédibilité institutionnelle : une occasion de conversion pastorale; et la mutation des quêtes spirituelles : un accompagnement ecclésial à inventer.

Face à la mission qui est la nôtre nous a été rappelé que la résurrection est le saut évolutif, autre et nouveau, le plus incroyable dans l’histoire humaine. Il ouvre un autre espace-temps au cœur du monde, car, par le tombeau ouvert, l’espace clos de la mort est ouvert à la lumière, comme un espace de foi vers le Dieu vivant. L’Église primitive et nous aujourd’hui sommes appelés à vivre ce déplacement de frontières où l’Amour est au centre et où l’amour du prochain est amour de Dieu. Nous n’avons pas à sauver le monde, il est déjà sauvé. Le monde n’est pas vide de Dieu. Il nous y précède. Il l’habite. Nous sommes donc appelés à le voir et à contempler son action au cœur du monde afin d’en témoigner. Nous sommes les serviteurs du projet d’un Autre, les co-bâtisseurs avec Lui du Royaume.

Nous sommes appelés à vivre une conversion face à nos résistances, spécialement celles liées à nos peurs, celles de notre vulnérabilité, de perdre ce que nous avons, du changement, de l’inconnu, d’une perte de contrôle, du rejet de l’Église, de se tromper, etc. Tout cela représente une invitation à ce déplacement de frontières noté précédemment, comme invitations à s’approprier ou à prendre au sérieux notre vocation baptismale, à reconnaître Dieu à l’œuvre dans le monde, à apprendre à se vivre en vérité et miséricorde, à bâtir une vision commune, à marcher ensemble, etc.

Il y a donc des passages à vivre : se recentrer sur les Évangiles, sur le Christ; « marcher avec », ce qui demande de remettre la personne et la relation au centre; choisir ce qu’il faut laisser, pour oser autre chose ou pour oser autrement; avancer vers une vision missionnaire commune et partagée; faire de la formation et de l’accompagnement un levier de changement; développer une synodalité durable et une coresponsabilité réelle; alléger les structures et réaffecter les ressources; et favoriser l’inclusion et la diversité. Si nous avons regardé ensuite les changements à apporter et les engagements à prendre, les résultats de cette partie seront communiqués par la suite, car nous n’avons eu le temps que de partager en petits groupes.

J’en ressors avec la conviction renouvelée de la pertinence du Pèlerin qui, depuis l’origine, a mis au centre le Christ, la personne, la relation et la communion/communauté. Nous avons reçu du Seigneur l’appel de faire advenir une Église de l’accompagnement, qui marche avec le Christ sur toutes les routes humaines et qui aide les personnes rencontrées à voir ce Dieu qui les habite et qui marche avec eux, car c’est en Lui qu’est notre espérance. Cette contemplation de Dieu au cœur du monde, des êtres, des situations, des relations, etc. devient le cœur de l’évangélisation, où nous ne sommes pas à imposer nos vues, mais où nous libérons en toutes et tous leur vocation à témoigner de ce Dieu qui les habite.

Stéfan Thériault, codirecteur développement – sthériault@lepelerin.org

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