No 54 – série 2026-2027

Évangile du vendredi 30 octobre 2026 – 30ème Semaine du Temps Ordinaire

« Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? » (Lc 14, 1-6)

    Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
    Or voici qu’il y avait devant lui
un homme atteint d’hydropisie.
    Prenant la parole,
Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens
pour leur demander :
« Est-il permis, oui ou non,
de faire une guérison le jour du sabbat ? »
    Ils gardèrent le silence.
Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.
    Puis il leur dit :
« Si l’un de vous a un fils ou un bœuf
qui tombe dans un puits,
ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer,
même le jour du sabbat ? »
    Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Méditation – Le regard et la parole qui libèrent

L’Évangile de ce jour nous plonge dans une scène d’une spontanéité surprenante et déconcertante. Tout débute par une intrusion apparente : Jésus entre pour son repas chez l’un des chefs des pharisiens, sans qu’il soit indiqué qu’il ait été invité, et sans qu’aucune bienveillance particulière ne lui soit manifestée. Ce qui va s’y dérouler aura une répercussion à la mesure du rang et du prestige de son hôte.

Dès les premiers instants, l’atmosphère est pesante, presque plombée. L’arrivée de Jésus instaure un silence lourd ; tous les regards se braquent sur lui, attentifs, observateurs, mais dénués de toute empathie.

Les regards alors se posent sur un homme atteint d’hydropisie. Il était déjà là, au milieu d’eux, souffrant d’une enflure maladive et potentiellement mortelle. Pourtant, il ne demande rien, ne prononce aucun mot. Il est probablement l’un des leurs, mais la rigidité du cadre religieux a rendu sa souffrance invisible ou secondaire. Dans ce climat de suspicion, Jésus prend l’initiative en posant une question fermée : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? » Paradoxe saisissant : Jésus emprunte le langage de la casuistique, celui-là même qu’on attendrait des docteurs de la Loi qui l’entourent. Le malaise s’accentue. Personne n’ose répondre.

Les convives vont-ils se désolidariser de son sort et rejeter la possibilité d’une délivrance au nom de la règle ?

À sa propre question, Jésus ne répond pas par des discours théoriques, mais par un acte posé avec précision : il tient le malade, le guérit, puis le renvoie.

Nous trouvons là une belle métaphore de la posture de l’accompagnateur :

Là où ses hôtes se cantonnent dans un registre d’obligations formelles au point d’en devenir muets, Jésus remet la vie et la souffrance concrète au centre.

Il pose la main sur ce qui est enflé, déformé, malade : tout comme l’accompagnement demande parfois de focaliser sur un point souffrant, sans fuir devant le malaise ou la complexité.

Après avoir guéri l’homme, Jésus ne le moralise pas, ne le retient pas et ne le transforme pas en disciple captif. Il le rend à sa liberté fondamentale. De même, dans l’accompagnement spirituel, l’acte de restaurer l’autre s’achève toujours par un effacement : après l’accueil, favoriser la grâce de la restauration, puis laisser repartir la personne, pleinement libre face à son Créateur.

En osant s’introduire là où sa présence n’était pas forcément désirée, en refusant de s’enfermer dans un mutisme complice, Jésus nous apprend que la vraie fidélité à la Loi de Dieu consiste toujours à remettre l’humain debout.

Sr Marie-Emmanuel Raffenel – raffenel@gmail.com

Prier les intentions de la communauté

Nous vous invitons à porter dans vos prières les intentions confiées par les membres de la communauté du Pèlerin. Vous pouvez aussi déposer votre propre demande de prière.

Emmanuelle Rostaing
Pays : France — 28/10/2026

Priez avec moi pour que la France ne cède pas au fascisme et que l\'église ne fasse pas de la collaboration passive. Soutien aux victimes de l\'attentat


defrenne
Pays : france — 27/10/2026

J\'ai mal. Pour avoir la joie de vivre et aimer


Poyau Marie Émilie
Pays : Canada — 26/10/2026

Éternel Dieu de L’UNIVERS laisse planer le souffle de ton Esprit sur les ténèbres de ma vie afin que jaillissent ta lumière et la joie de renaître 🙏


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