No 138 – série 2025-2026
Évangile du mercredi 4 février 2026 – 4ème Semaine du Temps Ordinaire
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)
En ce temps-là,
Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – La vie est un sens. Vis-le !
Assis sous un abri bus, par une nuit hivernale, un ange regarde l’homme auquel il est attaché par le service de l’accompagnement. L’ange s’interroge :
— Si « nul n’est prophète en son pays », qui réconciliera la Parole et la Terre ? Ça sera moi qui suis messager de la relation. Si aucune Parole n’habite la maison de cet homme, où trouvera-t-il, un « chez soi » où demeurer ?
Très tôt, dans une rue sans âme, l’homme se désole :
— Dans le gris des matins blêmes, je me traîne sur le trottoir. Dans l’air, pas un « je t’aime ». Le vent descend une à une chacune de mes vertèbres. Une haleine froide me glace jusqu’au ventre. Je suis seul.
À ses côtés, son ange gardien veille :
— Il dit qu’il est seul. Le Verbe a quitté Son ciel pour faire de ce trottoir et de son quartier « son lieu d’origine »… et… il dit qu’il est seul ! Même dans ce vent qui transforme la pluie en épée étincelante qui tombe des arbres, la vie a un sens. La vie dit un sens ! Éveille-toi avec l’aube, petit homme ! Ce sens, raconte-le… ce sens, dis-le… Par ta langue qui forme les mots dans ta bouche, fais sortir de ta carcasse vivante cette signification que tu es ! Présente-là à ce Dieu qui bat entre tes côtes.
Le bus tarde, l’heure tourne pendant que le froid gèle. L’homme regarde nerveusement sa montre :
— Je vais être en retard. Après tout, pourquoi me rendre dans ce bureau ? En attendant le bus pour aller au travail, je me dis « à quoi bon ? » La nuit vide se tait. Une brise me répond une chose absurde.
L’ange regarde l’homme fixé sur sa montre :
— Je suis là, au creux de son âme… et il dit que tout se tait… Celui qui écoute la Parole s’étonne devant le Fils qui parle. Et ceux qui L’entendent se disent : « D’où cela lui vient-il ? » Le temps a été donné aux hommes comme le terreau de l’éternité. Même dans un abri bus, la vie est déjà éternelle. La vie a un sens. La vie suit un sens ! Ce sens, marche-le ! À l’intérieur du temps, l’éternel indique la direction comme un carburant offre à la voiture l’énergie du mouvement. Elle est toute remuante de sens… cette vie qui vient de Dieu ! Mets-toi en route !
Le bus s’arrête. La porte mécanique s’ouvre et l’homme monte.
— Encore un jour qui s’enlise dans l’ennui entre deux portes de bureau et un long couloir. L’ange lève les bras au ciel :
— Comme ils sont habiles, les hommes, à varier les manières de mettre des limites à l’espoir de Dieu ! C’est vraiment un mystère pour un ange de voir cela… C’est triste d’entendre ça. Mais, ce sont les risques du métier… On me l’avait bien dit, lors de mon stage, au Service des Relations Angéliques. Le Verbe pour lequel rien n’est impossible essuie des refus. Comment peut-Il encore « accomplir des miracles » ? Heureusement que même dans ce vide de confiance, Ses mains qu’Il impose guérissent les malades comme toi, pauvre petit homme !
Le bus parcourt, arrêt après arrêt, la grande ville que l’homme regarde d’un œil morne :
— Mon père l’avait bien dit : « Tu ne vaux pas le pain qui te nourrit. » Depuis que je suis enfant, cette malédiction me colle à la peau. J’ai changé de maison. Mais, cette parole me suit dans les déménagements.
L’ange soupire :
— Cette peau dans laquelle tu es à l’étroit, c’est ce que la Parole est venue sauver. Toi, petit homme, tu es aussi un fils de Dieu, même si tu as pu être « méprisé dans ta parenté et dans ta maison. » Mais, la Parole éternelle a déménagé. Elle vient faire de ta vie une demeure où tu auras un « chez toi » accueillant.
L’ange remet en place son auréole, puis il prend une large inspiration :
— Pauvre petit homme, le Christ sert un autre pain que ce pain noir et sec mangé sur la table de ton père. Il fait de Sa vie une nourriture comestible et vivifiante pour toi. La vie a un sens. La vie sent un sens ! Goûte-le ! Savoure-le ! Les sens du corps sont donnés aux hommes comme des vestibules des sens spirituels. Les oreilles corporelles servent à faire grandir des oreilles spirituelles pour écouter Dieu. La langue —qui dans la bouche se frotte au palais pour faire ressortir les sucs et les parfums des repas— sert à découvrir cette langue qui accueille la saveur divine.
Comme sur la pointe des fleurs, l’ange s’approche de l’homme.
Regarde la machinerie extraordinaire du matin qui se lève. Regarde comment le Créateur a déployé de splendeurs ! Il n’a pas lésiné sur les moyens ! Ne garderas-tu pas un peu de cette aube dans ton âme ? Et ta voisine dans ce bus, ce miracle d’une parole échangée entre deux âmes ! N’est-ce pas merveilleux deux âmes qui se saluent ? Peut-on en être blasé ? Combien de millénaires a-t-il fallu pour rendre cela possible ?
Très doucement, il chuchote au cœur de l’homme qui ouvre un œil :
Puisses-tu entendre cette voix que je chuchote au fond de ta conscience ? Petit homme, fais attention à cette saveur. Ne sens-tu pas combien tu es plus grand à l’ombre de cette Parole qui te rehausse ? Sens cette terre ferme qui se consolide sous tes pieds. Puisses-tu découvrir dans ton pays et dans ta maison, cette Parole dans laquelle la vie est déjà éternelle !
Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr
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