No 52 – série 2026-2027

Évangile du mercredi 28 octobre 2026 – Saint Simon et Saint Jude, apôtres

« Il en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Lc 6, 12-19)

En ces jours-là,
Jésus s’en alla dans la montagne pour prier,
et il passa toute la nuit à prier Dieu.
    Le jour venu,
il appela ses disciples et en choisit douze
auxquels il donna le nom d’Apôtres :
    Simon, auquel il donna le nom de Pierre,
André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
    Matthieu, Thomas,
Jacques fils d’Alphée,
Simon appelé le Zélote,
    Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, qui devint un traître.

    Jésus descendit de la montagne avec eux
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.
    Ils étaient venus l’entendre
et se faire guérir de leurs maladies ;
ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs
retrouvaient la santé.
    Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu’une force sortait de lui
et les guérissait tous.

Méditation – Il leur donna un nom

Il y a quelques jours, après cinq ans de formation, dix-neuf finissantes et finissants de la formation en accompagnement spirituel ont reçu leur certificat. On a dit leur nom, un à un. La vaste majorité deviendront accompagnateurs, c’est-à-dire qu’ils marcheront au plus près de leurs frères et soeurs.

L’évangile d’aujourd’hui s’ouvre sur une nuit. Jésus monte dans la montagne et « passe toute la nuit à prier Dieu » (Lc 6, 12). Le jour venu, il appelle ses disciples et en choisit douze, « auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Lc 6, 13). Le texte ne rapporte ni hésitation ni négociation. Il appelle, et c’est fait. Non par contrainte : une invitation qui sort d’une nuit auprès du Père n’est-elle pas irrésistible ? Appelés à sortir de nos tombeaux, de nos enfermements pour aller vers un horizon toujours ouvert, vers ce ciel en soi qui nomme la personne là où elle est la plus vraie. Ce nom, Jésus ne l’invente pas, il le reçoit dans la nuit pour le remettre au jour, le mettre enfin en lumière. Ce nom, cette identité filiale d’enfant bien-aimé de Dieu, est reçu avant même de le porter, et il dit bien moins ce que l’on croit accomplir que la Parole unique que Dieu seul pouvait prononcer.

Les finissants et finissantes, eux aussi, ont reconnu cette voix au cours de leur parcours spirituel. Pas d’un coup, mais dans le Souffle qui les a accompagnés tout au long de leur formation, souvent sans bruit, en quittant un accompagnement, en se plongeant dans la spiritualité d’un saint. Ils l’ont peut-être aussi reconnue dans un visage, celui du Christ souffrant et digne, contemplé en cet autre qu’ils apprenaient à accueillir. Alors ils ont consenti. Ils ont dit oui, puis redit oui, à chaque instant, car on ne possède pas son appel comme une maîtrise : l’appel se reçoit quand le oui se donne, puis se redonne, sans jamais être final, sans que cette dynamique du reçu et du donné puisse s’éteindre. Un horizon ouvert, un ciel en soi qui fait entrer l’infini dans notre condition temporaire. C’est à cette dynamique de l’appel que les finissants et finissantes ont consenti samedi, accompagner c’est mettre en don sa vie pour la naissance du Christ en l’autre, dont on perçoit déjà le visage souffrant et digne.

Et tout comme Jésus nomme Simon le Zélote et Jude fils de Jacques, ces apôtres presque sans histoire dans le récit. L’appel ne choisit pas les plus visibles : il nomme aussi les discrets. Par leur ministère discret, les accompagnateurs participent dans l’anonymat à la résurrection quotidienne du monde et des terrains plats.

Puis Jésus descend de la montagne avec les Douze et s’arrête sur un terrain plat, là où la foule cherche à le toucher, avec ses maladies, ses esprits tourmentés, ses vies sans carte. La force qui sortait de Jésus a sa source dans la nuit passée auprès du Père : il la donne pour que nous soyons dons à notre tour. Pour que nous soyons grand Matin auprès des inconnus comme des siens.

Que verront les gens du terrain plat dans le visage des apôtres et des finissants ? Peut-être ce que Paul disait aux Éphésiens : « Vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage » (Ep 2, 19). Un visage du Royaume, n’est-ce pas d’abord cela : un visage qui dit à l’autre, sans un mot, tu n’es pas de passage ici, tu es demeure et toi, et moi, demeurerons en Lui.

Les Douze, comme les finissants, sont, au fond, cette chance donnée à l’espérance folle d’un Dieu d’amour inconditionnel, déraisonnable jusqu’à la miséricorde. Il n’a pas attendu qu’ils soient prêts, ni sûrs, ni sans faille : il a dit leur nom, et il a misé sur eux.

Le Père, lui, savait ces noms bien avant qu’on les dise. Les finissants se sont laissé nommer, ils se sont levés, et ils s’en vont vers ce terrain plat, avec, pour ce monde, la folle espérance d’un grand Matin.

Barbara Martel – bmartel@lepelerin.org

Prier les intentions de la communauté

Nous vous invitons à porter dans vos prières les intentions confiées par les membres de la communauté du Pèlerin. Vous pouvez aussi déposer votre propre demande de prière.

defrenne
Pays : france — 27/10/2026

J\'ai mal. Pour avoir la joie de vivre et aimer


Poyau Marie Émilie
Pays : Canada — 26/10/2026

Éternel Dieu de L’UNIVERS laisse planer le souffle de ton Esprit sur les ténèbres de ma vie afin que jaillissent ta lumière et la joie de renaître 🙏


Judith Germain
Pays : Canada — 24/10/2026

Pour Camille qui vient d’apprendre qu’elle souffre de la SLA et qui vit une évolution fulgurante.


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