No 131 – série 2025-2026

Évangile du mercredi 28 janvier 2026 – 3e semaine du temps ordinaire

« Voici que le semeur sortit pour semer » (Mc 4, 1-20)

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait : « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. » Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »
Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Écouter Dieu

« Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. » Dans ce texte, Jésus enseigne les conditions d’une réception de la Parole : qu’est-ce qu’écouter ? Face à une foule nombreuse, « il monta dans une barque où il s’assit. » Jésus parle à la surface de l’eau qui renvoie les sons tel un miroir acoustique. La Parole céleste résonne sur les eaux de la mer qui symbolise souvent le mal, la mort et ce qui entrave la fructification de l’homme. Ici, la mer hostile est mise alors au service de la Parole pour rejoindre l’auditoire.

Cette parabole montre d’abord la surabondance de la Création. Dieu est fou… fou d’amour pour nous ! Dans Son amour pour nous, Dieu semble même perdre la tête ! N’est-ce pas ce que dit cette parabole si extravagante ? En effet, aucun paysan ne gaspille les grains de blé en les perdant dans les ronces. Au contraire, les semences sont soigneusement protégées dans des silos. Puis, quand vient le temps des semailles, elles sont semées avec précaution. Aucun paysan ne dilapide une semence acquise au prix d’un dur travail. Mais, dans cette parabole étrange, le semeur un peu fou désigne ce Dieu qui prend le risque de créer des hommes créateurs. Le Créateur ne fabrique pas des objets, mais Il crée des créateurs. Par la volonté de Dieu, les hommes sont libres et responsables. C’est dire qu’ils sont capables de dire un « oui » enthousiaste au projet divin. Mais, ils sont également capables de refuser cet amour. Les hommes peuvent participer à leur fructification tout comme ils peuvent opposer un refus à l’espoir de Dieu. Dieu donne sans restreindre Son don à des conditions de réussite. Sans calcul, Dieu Se donne sans Se protéger en anticipant un échec.

Pourtant, l’espoir de Dieu rencontre souvent un refus. La Parole tombe dans les ronces ou dans une couche de terre si fine qu’elle ne supportera pas la croissance du germe. Jésus se rend compte que Sa prédication n’entraîne pas tous les cœurs. Jésus comprend l’échec de son enseignement à partir de ce que prophétisait Isaïe (Is 6, 9-10) que Marc reprend en le citant : « comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. » La Parole donnée généreusement ne parvient pas à entraîner la foi, elle échoue à convertir les coeurs. Pourtant, les difficultés de la prédication de Jésus ne conduisent ni au fatalisme qui réduirait notre responsabilité humaine, ni au pessimisme qui ne ferait de l’échec de dernier mot de Dieu. Car, Dieu demeure le maître de l’histoire. Malgré les refus humains, la puissance de Dieu est à l’œuvre.

Si Dieu Se donne sans conditions, les hommes doivent travailler la bonne réception de ce don gratuit. Comment recevoir le don de Dieu ? Comment préparer notre liberté ? Dans cette parabole le verbe « écouter » est essentiel : « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. » « Écouter » désigne l’attention, la manière d’exister qui feront la réponse humaine à la Parole divine. « Ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas » Comment est-il possible d’écouter de toutes ses oreilles sans entendre, ni comprendre ?

Nos efforts d’attention sont importants. Notre soucis de formation sont essentiels. Mais, l’enjeu est de saisir le dynamisme trinitaire de cette parabole et de s’inclure dans son mouvement. La Parole désigne le Fils : le Christ est cet enseignement venu d’ailleurs qui résonne sur l’eau de « la mer de Galilée ». Il est le Verbe divin, tissé de notre chair, qui vient émettre des signes et des mots dans notre condition blessée. Le Père est cette profondeur de la terre féconde. Sans le Fils, aurions-nous accès à cet humus si riche, à cette terre fertile et irriguée par la source de Vie ? Par l’Esprit, la Parole et la Terre profonde se mettent en rencontre dans un dialogue fécond. Toute la Trinité s’engage dans la Création. Son investissement se révèle encore dans la réponse de l’homme qui suit le mouvement divin. Dans l’homme qui répond à la « Parole » (v.14) c’est-à-dire au Fils, la semence meurt dans la « bonne terre » (v.20) qui est le Père pour que la vie jaillisse, pour qu’à partir du grain enrichi par l’humus éclate une communion des personnes, l’Esprit donne le fruit (v.20). L’Esprit, qui travaille toujours dans le sens de l’Incarnation, fait de nous des fils et des filles de Dieu. L’Esprit nous plonge dans le Fils pour nous relier au Père.

Esprit Saint, que notre corps — qui est Ton Temple— s’ouvre à la vie divine qui irrigue Ta Création. Transforme nos sens corporels en sens spirituels capables de voir l’amour du Père, d’entendre les murmures de la foi et de goûter l’espérance.

Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, transforme mes yeux pour qu’ils deviennent des yeux lumineux de Ton amour, des yeux capables de voir ce qui relève de Ton Royaume.

Fais évoluer mon goût pour que je sente le parfum de la vie divine, pour que je cherche ce qui a la saveur de Ta présence.

Ouvre mes oreilles au fin silence de Ton Souffle pour que Ta musique me soit audible. 

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr



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