No 124 – série 2025-2026

Évangile du mercredi 21 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire

« Est-il permis, le jour du sabbat, de sauver une vie ou de tuer ? » (Mc 3, 1-6)

En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Retrouver son pouvoir d’agir

Dans une synagogue, Jésus est confronté à la misère humaine lorsque son regard se pose sur un homme à la main « desséchée » (selon une note de la TOB). Selon l’ordre de la Création voulue par Dieu, la main se dresse au bout du bras comme une fleur qui permet l’épanouissement du geste. Mais, dans ce texte, au bout de cette « main atrophiée », seul un dessèchement se laisse voir qui rend impossible l’action. Sur la voûte de la chapelle Sixtine, le peintre Michel-Ange mit en scène le dialogue de la main créatrice avec la main humaine. Dans un geste vigoureux, la main puissante du Créateur se tourne vers Adam qui reçoit l’impulsion vitale. Cet échange des deux mains comme une rencontre oriente la Création. L’homme est fait pour vivre de la vie divine.     

On le sait le jour du sabbat était un jour de repos permettant au peuple d’entrer dans le regard de Dieu (Gn 1). Quel regard Dieu porte-t-Il sur la Création ? Comment vivre de ce regard divin ? Jésus nous aide, dans ce texte, à entrer dans le regard de Dieu. 

D’abord, premier point. Remarquons que Jésus n’est pas dupe de la situation dans laquelle on cherche à Le piéger. Jésus le sait bien… aux yeux des Pharisiens, le salut qu’Il apporte sera considéré comme un acte impie. Sauver l’homme à la « main atrophiée » un jour de sabbat sera retenu contre Lui : « Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr. » Dans ce passage de l’évangile, les Pharisiens et les Hérodiens veulent coincer Jésus et cherchent un moyen de Le faire périr. Pourtant, par le complot qu’ils tissent, les adversaires de Jésus enfreignent la législation du sabbat. En effet, ils travaillent à faire le mal le jour du sabbat… Aux yeux de tous, Jésus met en lumière leur intention mauvaise : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? »

Ensuite, nous remarquons un deuxième point. Selon un esprit juridique, les rabbins interprétaient la loi de Moïse en distinguant les cas ; ils jugeaient qu’il était licite de soulager un malade, pendant le sabbat, si sa vie était en danger. Ainsi, le principe d’honorer par le repos le sabbat se pliait au commandement de choisir la vie (Dt 30,19). Les rabbins établissaient une hiérarchie des normes : quelles sont les lois les plus importantes ? Comment les classer ?

Dans ce passage, Jésus va plus loin… Il étend le principe qui suspend l’interdiction de travailler le jour du sabbat à toute guérison, à tout geste qui redonne vie. Ne pas soulager un malade et ne pas guérir un homme à la vie diminuée sont alors compris comme une manière de faire périr et de faire le mal. Jésus oriente clairement le sabbat vers l’action de guérir, de faire le bien, de soulager l’homme. Habitués à ce texte, nous pourrions réduire cette confrontation qui oppose Jésus aux spécialistes de la Loi à un débat juridique. Pourtant, l’enjeu n’est pas là… Jésus n’élabore pas une argumentation. Il tranche cette question juridique par Sa Parole et par Son geste guérisseur. Avec Jésus, l’action devient de la Vie. Au lieu d’une controverse sur les règlements, Jésus inaugure le règne de Dieu par une action qui restitue à l’homme son pouvoir d’agir. L’homme à la « main atrophiée » redevient fils et détenteur d’une puissance créatrice. L’autorité de Jésus se met au service de l’homme. Par ce geste, Jésus intervient dans l’histoire humaine avec éclat par une initiative qui redonne le sens du divin. Qu’est-ce que le divin ? Qu’est-ce que cette vie divine à laquelle l’homme aspire ?      

Dans cette guérison, Jésus invite l’homme à se réveiller, à se dresser, à se mettre debout. « Il dit à l’homme à la main sèche : « Réveille-toi ! Au milieu ! » » (Mc 3,3 traduction de André Chouraqui). C’est le vocabulaire de la Résurrection qui est un éveil à la Vie divine. En outre, Jésus demande à cet homme de se placer au centre comme l’arbre de la Vie placé au milieu du jardin par le Créateur (Gn 2,9). Jésus est Lui-même cet arbre qui soutient perpétuellement la Vie. Il est au centre, au milieu de toutes choses pour ceux qui savent s’orienter. Jésus Se place au centre du cercle des malfaisants, des ricaneurs qui ourdissent un complot contre Lui et Il trouve le geste qui donne Vie. 

Jésus nous invite à entrer dans le regard de Dieu. D’abord, Jésus prend le contre-pied des situations mortifères, des pièges tendus contre la liberté. Il ne Se laisse pas prendre dans les mailles du filet. Ensuite, Jésus ne Se laisse pas limiter par des études de cas, mais Il va directement à l’essentiel qui est le salut de l’homme.

Enlisés dans des situations morbides tissées autour d’eux, beaucoup perdent leur pouvoir d’agir. Desséchés par le manque d’amour, beaucoup oublient les raisons de vivre. Jésus, aujourd’hui comme hier, débusque les œuvres de la mort et Il restaure l’homme dans sa puissance créatrice confiée par Dieu.

Seigneur Jésus, Tu me regardes et Tu m’invites à voir ma vie selon les yeux du Père.

Aide-moi à repérer les relations toxiques qui m’entourent.

Réoriente ma vie selon l’axe de Ton amour.

Restaure en moi le pouvoir d’agir.  

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr

Image : La création du monde – Tableau de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine



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