No 117 – série 2025-2026

Évangile du mercredi 14 janvier 2026 – 1re semaine du temps ordinaire

« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Où est ma place ?

Je tourne en rond sur ce parking… Où est ma place ? Se garer au supermarché, quel tracas ! Et en même temps, n’est-ce pas emblématique de notre mode de vie ? Notre monde anonyme nous réserve-t-il une place ? Le photographe britannique Martin Parr qui s’intéressait au quotidien de nos sociétés mettait sous nos yeux une banalité qui disait quelque chose de nos existences. Ses projets artistiques illustraient une morale désabusée : « Quand je photographie des emplacements de parking, partout les mêmes dans le monde, c’est un projet conceptuel constitué à partir d’images idiotes. Mais l’assemblage doit signifier que les gens cherchent leur place, ont perdu leur identité dans le monde. » (1) Chercher sa place perdue et savoir qui je suis. Quelle question brûlante pour notre humanité actuelle !

Jésus est « sorti » du Père pour entrer dans notre monde afin d’en manifester le sens. Car notre vie compte pour le Père, « c’est pour cela que je suis sorti », dit le Seigneur. Il sort du Père pour Se revêtir d’humanité. C’est ainsi qu’Il entre dans les synagogues, dans nos maisons et dans nos vies d’aujourd’hui pour tout orienter vers le Père. « Sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. » Sortir, entrer, et aller sont les actions fondamentales du Christ qui tissent une couture entre le monde des hommes et le Père.

Dans « la synagogue de Capharnaüm », Jésus vient d’enseigner l’accomplissement des temps et annoncer la venue du Messie. Il s’est joint aux prières du peuple réuni autour de la Torah. Désormais, avec l’Incarnation, le peuple gravitera autour d’un autre centre qui est Jésus Lui-même. Cette Parole ne Se limite plus à un texte écrit dont le servant de synagogue roule les rouleaux dans une étagère. Cette Parole ne reste pas prisonnière de l’inspiration qui l’inscrit dans le texte sacré, elle s’incarne et marche avec les hommes. L’Esprit qui inspire porte la Parole plus loin. Elle est de sortie, elle s’est faite corps et os, la Parole s’est faite chair et présence parmi les hommes. Elle entre « dans la maison de Simon et André » comme elle frappe à la porte de notre maison aujourd’hui.

Jésus entre dans la maison de Pierre pour guérir la fièvre de sa belle-mère. C’est peut-être le plus petit miracle de Jésus, un miracle domestique, un miracle minuscule. Mais… rien n’est trop petit pour être visité par le Christ. Quand le Fils Se multiplie à notre ordinaire, quand notre rien humain est augmenté de la Très Sainte Trinité, alors avec Jésus, trois fois rien, c’est quelque chose ! Et ce quelque chose divinisé ouvre un salut. Suis-je capable de voir ces miracles minuscules que Dieu sème dans mon quotidien ? 

Pour celui qui croit, tout devient bénédiction : l’existence se dessine à partir de l’invisible profil du Père. Mais, pour celui — qui trop affairé — ne vit pas de cette irrigation céleste… tout se dessèche ! Le Deutéronome illustre cette vérité spirituelle lorsqu’il annonce que celui qui refuse la bénédiction divine est victime de « fièvre » (Dt 28,22). Cette « fièvre », n’est-ce pas la frénésie du toujours plus ? L’incendie psychique, le burn-out ? La fièvre qui menace celui qui rejette Dieu, c’est la folie du désir de possession, la folie de se prendre soi-même pour le centre de l’univers, ou de croire l’humanité pourrait s’en sortir toute seule. Cette fièvre-là est comme un feu intérieur qui donne soif de posséder toujours plus, comme quelqu’un qui est brûlant de fièvre.

Jésus est sorti du Père pour Se donner comme un centre solide offert à nos existences. « L’homme n’est-il pas sorti des mains de Dieu pour retourner à Dieu ? N’est-il pas au centre de lui-même lorsqu’il fait coïncider son centre avec le centre de Dieu ? » (2)

Vincent REIFFSTECK – vincent.reiffsteck@wanadoo.fr

Notes :

  • Propos du photographe Martin PARR, dans l’article « Martin Parr, extraordinaire photographe de la banalité, est mort » du 07 décembre 2025 par Michel Guerrin, dans le journal Le Monde.
  •  Hans Urs von Balthasar, dans l’ouvrage sous la direction de O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, (p.383).



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