No 137 – série 2025-2026
Évangile du mardi 3 février 2026 – 4ème Semaine du Temps Ordinaire
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » (Mc 5, 21-43)
En ce temps-là,
Jésus regagna en barque l’autre rive,
et une grande foule s’assembla autour de lui.
Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité.
Viens lui imposer les mains
pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
– elle avait beaucoup souffert
du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens
sans avoir la moindre amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré –…
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus,
vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase,
et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore,
des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue,
pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots,
dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner,
sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue.
Jésus voit l’agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l’enfant,
et ceux qui étaient avec lui ;
puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
– elle avait en effet douze ans.
Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement
de ne le faire savoir à personne ;
puis il leur dit de la faire manger.
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – Confiance, la mort n’a pas le dernier mot
Nous pouvons regarder ce texte en essayant de voir quel est le moment le plus important dans ces différentes guérisons corporelles. Nous aussi, demandons probablement souvent à Dieu une guérison pour ceux que nous aimons, nous pouvons tellement bien comprendre le besoin de sortir de cette souffrance, d’autant plus qu’au temps de Jésus, la maladie signifiait en plus une certaine malédiction de la part de Dieu.
Jaïre, chef de synagogue, tombe aux pieds de Jésus… lui, qui a une grande responsabilité dans la société juive par sa fonction religieuse, est désespéré devant la mort prochaine de sa fille, tout autant que la femme hémorroïsse qui a dépensé tout son argent pour tenter de guérir sans succès. Devant la mort, devant la maladie, ces deux personnages qui n’ont pas apparemment rien en commun, d’un côté quelqu’un qui est un des garants de la pureté religieuse et la femme impure par excellence, ayant continuellement des pertes de sang, se retrouvent dans la même situation, dans une énorme souffrance, et lancent un appel à Jésus. Nous voyons Jaïre qui tombe aux pieds de Jésus en le suppliant « Viens lui imposer les mains et qu’elle vive » et dans son cœur cette femme qui dit « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée », quelle foi, celle de ceux qui savent, qui ne doutent pas, ceux qui croient que Jésus peut tout.
Ce qui leur est commun en profondeur est la foi en Jésus, et c’est la condition que Jésus leur demande, il va les guérir, les ouvrir à une vie nouvelle, et au-delà de la guérison physique va les faire entrer dans la communion avec lui. Que cette foi est grande et peut nous parler au plus profond du cœur !
Au long des siècles le grand mystère de la souffrance va inspirer de nombreux philosophes, écrivains, l’homme étant toujours en profond questionnement devant la souffrance qui se présente chaque jour pour nous tous. Pour Dostoïevski, « la souffrance n’est pas une fin, mais un processus transformateur ; sans elle, l’homme risque de stagner, de devenir médiocre, voire cruel, car il ne serait pas confronté à ce qui le rend profondément humain ».
Jésus vient nous rejoindre dans toute notre humanité, dans notre vulnérabilité, dans tous les aspects douloureux que notre physique, nos relations, nos incompréhensions intellectuelles ou nos catastrophes naturelles nous font vivre. Il n’est jamais étranger à la souffrance humaine, lui-même l’a expérimentée pendant toute sa vie, dans la faim, l’incompréhension de ses contemporains, les injustices qu’il a constatées, la trahison de ses amis, la solitude devant la mort, et même le sentiment d’abandon de son père lorsqu’il était en train de mourir. Mais, après ce moment d’abandon, il s’est abandonné dans les mains du Père, « entre tes mains je remets mon esprit », nous montrant ainsi le chemin dans tous nos abandons, chemin qui sera pleinement accompli dans la Résurrection. Il s’est fait l‘un de nous, et, si nous ne guérissons pas toujours de nos maladies, nous pouvons au moins avoir la certitude de sa proximité dans ce que nous vivons de douloureux, et avec lui nous abandonner dans les mains du Père, trouvant sinon une guérison, au moins du sens à ce que nous vivons, et entrer toujours davantage dans l’expérience de la Résurrection à laquelle nous sommes appelés.
Colette Le Torguénec colette.letolguenec@gmail.com
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