No 123 – série 2025-2026

Évangile du mardi 20 janvier 2026 – 2e semaine du temps ordinaire

« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 23-28)

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.

Méditation – Discerner avec les yeux du cœur

Nous imaginons Jésus avec ses disciples dans le champ de blé, ils ont faim et arrachent les épis. Ils ont « besoin » de s’alimenter et ils cherchent de quoi se nourrir. Ils ne partent pas avant tout d’une idée, ou d’une opposition à la Loi qui interdit certaines pratiques, parmi les nombreux interdits que la Loi prescrit à ceux qui veulent avancer vers le Dieu d’Abraham, ils ont simplement faim. Mais ils sont observés, et même scrutés dans leurs attitudes, et particulièrement jugés dans les actions qui pourraient être en rapport avec la religion. Jésus est fortement interpelé par les pharisiens, qui se sentent les plus fidèles interprètes de la Torah : « Regarde ce qu’ils font le jour du Sabbat !… Cela n’est pas permis ». Ils mettent Jésus à l’épreuve, veulent l’obliger à prendre une position claire par rapport à cet interdit du jour du Sabbat. Jésus va alors présenter le rapport avec Dieu, qui est la définition même du mot religion, « religare », ou respect des rites, d’une façon très nouvelle, bouleversante. Il reprend alors l’exemple de David, dont l’autorité est incontestée par les pharisiens, qui lui aussi « lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim… mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger… et en donna à ceux qui l’accompagnaient ». Les lignes bougent avec Jésus, lorsqu’il y a un vrai « besoin » les règles peuvent et même doivent changer. Le plus explicite dans la vision que Jésus donne du sabbat est « Le sabbat est fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat ». Jésus parle de l’homme, l’homme ordinaire, celui qui cherche avec honnêteté à faire sa part pour avancer vers Dieu, pour cet homme-là l’observance du sabbat est un moyen et pas un but en soi. L’homme est alors élevé par Jésus à une telle dignité qu’elle dépasse complètement le sabbat, « le sabbat est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat ».

Je me sens souvent confrontée à ce paradoxe de la loi, qui n’est pas uniquement l’observance de la loi religieuse, mais s’applique à tous les domaines de la vie humaine. La loi, si elle est nécessaire à tout groupe, à toute société, doit rester au service de l’homme et ne pas l’écraser, pour quelque motif que ce soit. Je pense à cette famille de réfugiés qui n’a pas tout-à-fait respecté les règles normalement d’application, mais pour des motifs et des besoins ô combien légitimes. Sauver sa vie, ou celle de ses enfants est un besoin, et même un droit. Ce droit a été reconnu, ils ont reçu les documents qui leur permettent de s’insérer dans un pays qui les accueille. Quelle joie pour eux et quelle reconnaissance envers ceux qui ont su appliquer la loi avec discernement, en mettant l’homme à sa juste place. Par cette parole  « Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat » Jésus révèle sa véritable mission, libérer l’homme de tous les asservissements dont il est capable lorsqu’il s’éloigne d’une attitude d’amour. Voilà la raison profonde pour laquelle Jésus est le maître de toute règle, dans chaque société humaine, et de toute prescription religieuse. Si nous le regardons avec les yeux du cœur, nous devenons nous aussi capables de discerner avec justesse et avec une vraie justice toute situation, sans abolir mais en accomplissant pleinement la Loi, la Loi de l’amour qu’Il est venu nous apporter et qui nous permettra aussi de grandir dans une vraie relation avec Dieu.

Colette Le Tolguénec – colette.letolguenec@gmail.com



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