No 121 – série 2025-2026
Évangile du dimanche 18 janvier 2026 – 2e dimanche du temps ordinaire
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – À son Regard, devenir vitrail !
Comme sont précieuses les indications qui nous sont données pour nous guider et nous conduire plus loin. Elles balisent notre route et nous aident à avancer. Elles sont placées à des carrefours où se révèlent des choix que nous avons à faire.
Lorsque nous sommes en voiture, les panneaux d’indication routière balisent notre itinéraire afin que nous puissions prendre la bonne sortie. Se mettre à l’écoute de ces panneaux ne signifie pas que nous choisissons de mettre notre voiture au pied du panneau routier (nous serions alors dans le champ!!!), mais ils sont des messagers afin d’éviter de « perdre le Nord ». L’indication est un repère objectif et précis, au présent de là où nous en sommes sur notre route. L’indication placée à 100 km de nous n’est pas très utile pour notre itinéraire.
Ajoutons aussi qu’une carte routière de 1930 ne pourrait pas nous aider pour voyager en 2026. Nous avons continuellement besoin de nous laisser remettre à jour dans les repères que nous nous donnons pour notre vie. Cette ouverture à l’inédit de la route nous évite de nous retrouver dans un « cul-de-sac ». Les références passées, qui avaient leur raison d’être, ne sont plus capables de rendre compte des chemins à prendre au présent de notre vie, tellement la « topographie » et la « cartographie » du réel ont changé. Des imprévus, comme un enfant qui traverse la rue, une voiture en panne sur le bord du chemin ou des travaux routiers appellent une vigilance qui nous permet d’éviter les accidents.
Dans l’Évangile, c’est Jésus qui vient vers Jean-Baptiste. Dans cette rencontre initiée par Jésus, nous voyons justement Jean-Baptiste nous pointer une direction : celle de suivre Jésus, l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. La mère de Jésus étant la cousine d’Élisabeth, mère de Jean-Baptiste, il est fort probable que Jean-Baptiste connaissait bien Jésus. Cette connaissance s’est laissé éclairer par une lumière nouvelle… tellement neuve, que Jean-Baptiste exprime lui-même, à 2 reprises, qu’il ne le connaissait pas et ce, malgré ces 30 années où ils ont pu, à tout le moins, se croiser à travers ce lien de parenté entre Marie et Élisabeth.
Cet aveu d’inconnaissance n’est pas l’occasion pour Jean-Baptiste de se disqualifier, mais bien plutôt d’exprimer que le baptême d’eau qu’il donnait a été au service de la révélation de Celui qui est venu derrière lui et est passé devant lui, car avant lui, Il était.
Jean-Baptiste ne parle pas à partir de lui-même… il a vu l’Esprit descendre du ciel et demeurer sur Jésus. L’Esprit est à l’Œuvre en Jésus et aussi en Jean-Baptiste pour le rendre capable de voir Jésus dans une nouvelle profondeur. Dieu nous révèle ainsi que notre vie est « bonne conductrice » de sa Grâce (comme un fil de cuivre est bon conducteur pour l’électricité). L’Esprit nous fait signe pour nous guider, dans la situation concrète où nous nous trouvons, pour nous indiquer et nous ouvrir le chemin à suivre pour répondre à l’Appel que Dieu nous fait.
S’il est vrai que l’Esprit descend sur Jésus, c’est Jean-Baptiste qui est le bénéficiaire de cette révélation : parce qu’il est ouvert à ce que l’Esprit lui révèle, il peut en témoigner aux autres. Il devient ainsi lui-même un « panneau indicateur » au service de la suite du Christ. Le « voici » qu’il nous exprime porte toute la densité de cette interpellation à suivre Jésus. Cette interpellation est d’autant plus radicale qu’elle implique pour Jean-Baptiste un dépouillement à travers ce changement de direction qu’il annonce à ses propres disciples.
Pour nous aussi, dans la fréquentation de la Parole de Dieu, il arrive souvent qu’une révélation nouvelle nous soit faite… Ce n’était pas la première fois que nous méditions un texte de la Parole de Dieu… le texte nous était familier… Soudain, il nous éclaire d’une Lumière nouvelle, encore inédite pour nous. Ce sens nouveau qui éclaire et mobilise notre vie ne nous était pas connu avant… même si étions dans la certitude de l’avoir saisi et cerné… Une révélation nouvelle nous est faite, qui nous saisit plus que nous ne pouvons la saisir. Elle nous fait entrer dans l’intimité que le Christ veut vivre avec nous. Elle pénètre de sa Lumière ce que nous sommes et ce que nous vivons. Elle nous dévoile l’amitié que le Christ vient vivre avec nous dans cette solidarité où notre baptême s’ouvre sur cet Amour de Dieu qui se dévoile dans une clarté nouvelle.
Au cœur de nos rencontres, comme au cœur de l’accompagnement, nous sommes mis en présence du Mystère… Le signe qui nous permet d’en faire le constat est précisément qu’à travers la révélation qui nous en est faite, nous prenons conscience que nous ne connaissions pas vraiment l’autre personne… Nous prenons conscience de notre inconnaissance, de cette part intime de l’autre et de nous-mêmes que nous ne connaissions pas encore, et où respire le Mystère, habité par le Souffle de l’Esprit.
La Grâce de ces rencontres est lumineuse et nous n’en sommes pas les maîtres d’œuvre. Nous ne pouvons pas programmer ces moments de fulgurance. Si nous cherchons simplement à domestiquer ces instants de révélation en les rétrécissant à ce que nous connaissons, nos pas stagnent dans ce que nous connaissons, immobiles, au milieu de l’ameublement des rencontres passées. Le Souffle de l’Esprit nous invite à hisser les voiles pour le Large du Mystère.
La révélation reçue par Jean-Baptiste lui a ouvert les yeux sur le Christ… Il sera encore dérouté par Celui dont il a pourtant préparé le chemin. En le découvrant comme l’Agneau de Dieu, il prit la mesure de son inconnaissance à travers ce qui lui était révélé. Dans cette révélation, il est devenu lumineux du Mystère qui lui était dévoilé. Il devint ainsi celui qui nous indique le chemin, en nous redisant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Le chemin où Il nous conduit n’est pas de l’ordre d’une visite touristique : Il vient nous sauver en nous ouvrant une Pâques de délivrance et de libération. Comme l’agneau pascal offert pour la rémission des péchés, Il vient à notre rencontre pour nous donner de vivre cette Pâques dans laquelle Il nous entraîne, par son pardon, à rayonner de sa Lumière.
À travers le Visage du Christ, c’est toute la Lumière de l’Amour du Père qui nous éclaire. En nous laissant traverser par cette Lumière, notre propre mystère s’illumine des couleurs uniques de notre être, devenant ainsi icône d’un Autre, qui continue de faire signe à travers nous. Comme le vitrail prend vie dans la lumière qui le traverse en faisant briller les couleurs qui lui sont propres, notre propre vie devient parole de cette Unique Lumière, sans laquelle aucun vitrail ne peut se connaître et témoigner.
Nous sommes ainsi conduits à devenir ce relais de clarté à travers lequel d’autres pourront rencontrer Celui dont nous n’aurons jamais fini de connaître la profondeur de l’Amour.
Au sillage de nos rencontres, quelle immense joie surgit lorsque soudain, à notre étonnement, nous découvrons une part du Mystère qui respire en l’autre, comme une fenêtre même sur Dieu.
Même là où nous percevions les limites de notre vie comme des obstacles, nous sommes invités à les percevoir comme ces lignes de plomb qui deviennent l’écrin de ces morceaux de verres colorés, à travers lesquels Dieu Lui-même veut se révéler en y faisant resplendir sa Lumière. Devenir ainsi vitrail du Mystère de son Amour qui nous choisit pour annoncer cet Amour inépuisable où ce qui nous fait prendre la mesure de notre inconnaissance, nous fait briller du Mystère qui nous sauve et nous rend témoin pour d’autres.
L’abbé Paolo – maheux.paolo@gmail.com
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