No 139 – série 2025-2026
Évangile du jeudi 5 février 2026 – 4ème Semaine du Temps Ordinaire
« Il commença à les envoyer en mission » (Mc 6, 7-13)
En ce temps-là,
Jésus appela les Douze ;
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,
mais seulement un bâton ;
pas de pain, pas de sac,
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales,
ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore :
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison,
restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité,
on refuse de vous accueillir et de vous écouter,
partez et secouez la poussière de vos pieds :
ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent,
et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons,
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades,
et les guérissaient.
Texte d’Évangile tiré du Prions en Église. S’abonner au Prions.
Méditation – Deux par deux, pauvres et amoureux
Méditant la Parole de ce matin, j’envisage ces deux êtres envoyés, en chemin vers le monde, vers ses espérances et ses combats. Déroutés sans doute par l’absence de pain et d’argent, ils allaient proclamer la conversion, expulser les démons, oindre jusqu’à la guérison. Frémissant peut-être en marchant, la peur dans le regard évitant, ils allaient côte à côte, les yeux fixés sur la poussière soulevée par leur pieds traînés. Qu’arrivera-t-il si nous échouons ? Que faire si nous ne sommes ni accueillis ni nourris, laissés la nuit sur le chemin et sa briganderie ? La peur paralysa le premier, l’autre lui poussa un peu dans les reins sans conviction, fallait avancer. Le soleil déclinait, le froid enveloppait, les sanglots montaient. Envoyés pour quelle mission ? Comment naître d’un cœur missionnaire?
Dans le dénuement le plus complet, le premier s’agenouilla, le second tenta de le retenir. Une pluie aussi fine que glaciale s’annonça. Sans tunique de rechange, muni de sandales trop serrées, réduit à mendier, le second s’affaissa. Prêts à abandonner, notre mission serait-elle de mourir ici ? Ne crains rien, car je suis avec toi (Es. 41.10). L’âme respire quand elle est aimée, elle palpite quand elle est pardonnée. Ils se regardèrent, qu’avait dit le Maître avant notre envoi ? Tous deux avaient en tête et en cœur la question posée à Pierre : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? (Jn 21,25) ». Ils sourirent, se remirent debout et s’élancèrent vers le prochain village encore trop loin. Par amour pour notre Rabbi. Pierre tout comme eux n’avait guère d’envergure mais l’intensité de l’amour transmis par le Christ pour le Père était si vivifiant si agissant. Dans cette aventure, depuis la barque laissée, le poste abandonné, les parents quittés, il n’était question que d’amour : l’amour de ce Jésus, l’amour des autres, jusqu’à l’amour de soi. Même trempés et dénudés, il ne s’agissait plus de traverser sans fin des contrées pour proclamer la Bonne Nouvelle mais d’aimer, de nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés. Ne nous a-t-il pas dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples (Jn 13.35) ».
S’accompagnant deux par deux, accompagnés par l’Esprit, c’est d’abord le témoignage de cet amour fraternel qui libère, exorcise et guéris. Il donne à vivre, et c’est ainsi que le monde sera interpellé. Aimer ceux qui nous entourent, dans le dénuement et la pauvreté de l’amour. Ils se contemplent, la mission est déjà entamée avant même les rencontres qui étaient appréhendées. Étant pauvres d’amour nous avons reçus l’autorité du Christ pour donner et devenir le témoignage de l’amour absolu. Un amour de Dieu, un amour de feu qui embrase l’indigne, le prodigue, l’immérité et l’égoïste. Le cœur en voie et en joie, ils avaient pour mission d’aimer comme le Christ, d’aimer jusqu’à mourir.
Mourir à force d’aimer en révélant d’abord cet amour miséricordieux, le fond de Dieu. Aimer malgré les morts en manifestant le pur débordement de Dieu, le vivant de la Vie dont nous sommes enfants. Bientôt, ils arrivèrent, essoufflés, le cœur palpitant, comme deux amoureux attendant chacun leur promise, arborant ensemble le même émerveillement. Celui de toute rencontre.
Barbara Martel – bmartel@lepelerin.org
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